De poenitentia, M. 16. 465 et suiv
Calliste et saint Cyprien avaient déjà fait ce travail. L'évêque de Barcelone et l'évêque de Milan n'eurent guère qu'à se l'approprier. Les Lettres à Sempronius et le traité De poenitentia se bornèrent en effet, à peu près, à utiliser les matériaux que nous connaissons ^ . Non pas tellement toutefois qu'on ne pût y trouver aucun élément nouveau. Les novatiens présentaient le texte du dernier chapitre de saint Jean : Quorum remiseritis peccata.,. comme une variante de l'endroit de saint Matthieu où le Sauveur dit à ses apôtres : Ite, docete omnes génies... Ils l'appliquaient donc à la rémission des péchés qui a lieu par le baptême^. Et, en cela, ils suivaient l'exemple de saint Cyprien, qui attribuait aux paroles en question la collation du pouvoir débaptiser 3. Pacien montra que cette interprétation était erronée et que le texte : Quorum remiseritis... devait être expliqué par le texte de saint Matthieu : Quaecumque ligaveritis, lequel, à son tour, demandait à être éclairé par la promesse faite à saint Pierre : Quaecumque ligaveris... Or, dans cette dernière promesse, Notre-Seigneur n'avait-il pas soumis au pouvoir de saint Pierre les chrétiens déjà pourvus du baptême, et les mots : aedificabo Ecclesiam meam pouvaient-ils viser des infidèles ^? Par cette série de rapprochements, l'auteur des Lettres à Sempronius fit entrer, dans la démonstration scripturaire du pouvoir d'absoudre les pécheurs chrétiens, un texte auquel la théologie de l'avenir devait attacher la plus grande importance^. Vingt ans s'étaient à peine
1. Voir dans saint Pacien : Ep. 1. 5 et 6. M. 13. 1056; Ep. 3. 8. M. loc. cit., p. 1068. Ce sont les textes que nous avons déjà rencontrés dans saint Cyprien, mais avec le texte : Quodcumque ligaveris...en plus. Voir également le De poenitentia de saint Ambroise, 1. 44, M. 16. 483; ibid., 2, 13, p. 500 (parabole de l'enfant prodigue).