De orat.28. M. II
4. De pudic. 18. p. 1017 : « Salva illa poenitentiae spccie post (idem quae aut levioribus delictis veniam ab episcopo consequi poterit... »
5. Origène, De orat. 28, M. 11. 528, explique que les héritiers des apô-
THIÎOLOGIE. 10
146 THÉOLOGIE scripturaire; la pénitence.
ad mortem, non pro illo dico ut roget quis, ils excluaient du pouvoir des clefs et déclaraient par là même irrémissibles — au moins pour l'Église — les péchés « mortels » ^ , c'est-à-dire l'idolâtrie, l'adultère, et l'apostasie^.
Combien était vaine la protestation des trois docteurs dont les noms viennent d'être mentionnés, on put le voir quelques années plus tard. Dans le concile de Cartilage de 251, saint Cyprien reprit, en la complétant, la liste des autorités bibliques invoquées par Calliste. Il rappela les maximes de clémence contenues dans les livres tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, la parabole évangélique de l'aire dans laquelle la paille est mêlée au bon grain, celle de la brebis égarée. Il évoqua plusieurs autres maximes de l'Ecriture, sans toutefois mentionner Quaecamqiie alligaveris^ non plus que Qaorum r émiser itis ^. Or cet appareil scripturaire était
très sont ceux qui ont reçu le Saint-Esprit, mais que Ton reconnaît ces hommes « spirituels » à leurs actes : « ô Se èfXTtveuaôelç utiô toù 'I7]ao0 œç oî àTiddToXoi xal àTrô twv xapTiwv yivtocrxsaôai ôuvàfxsvo;... xal yevofj.svoç TcveupiaTtxo?... àïtïjaiv a èàv àcpîi ô 6cd;. » Voir d'autres références dans Holl, p. 232 et suiv. — Tertullten, De pudic. 21, M. 2. 1026 : « secundum enim Pétri ipersonâm spiriialibus potestasista conveniet, aut apostolo, autprophetae... Et ideo Ecclesia quidem delicta donabit, sed Ecclesia spiritus per spirilalem hominem, non Ecclesia numerus episcoporum. »
1. Origène, loc. cit. dit que, en vertu du texte de 1 Jo. 5. 16, l'adultère, le meurtre volontaire, et tout autre péché énorme doivent toujours être retenus. Tertullien, De pudic. 2, p. 985, distingue un délie lum remissibile et un delictum irremissibile. Illégitime cette distinction par 1 Jean, 5. 16 Puis il s'efforce de démontrer que la fornication et l'adultère doivent êtr. rangés dans la catégorie des péchés irrémissibles : « Superest specialiter de moechiae et fornicationis statu examinare in quam delictorum partem debeant redigi. » Plus loin (ch. 19, p. 1020, il parle des « mortalia peccata ».
2. Tertullien, De pudic, 19. p. 1020, donne une liste de péchés irrémissibles un peu plus longue. Les trois crimes désignés plus haut sont ordinairement présentés comme les seuls pour lesquels il n'y a pas de réconcihation.
3. Épître à Antonien, M. 3. 762, ou mieux Hartel, S. Thasci Cypriani opéra, 2, p. 624 et suiv. — Cyprien invoque (n. 15) le texte d'Ezéchiel relatif à l'obligation qui incombe aux pasteurs de soigner la brebis blessée. Puis vient {ibid.) la parabole de la brebis perduo. Puis (n. 16) les textes : Eslole mise^Hcordes... ; Non est opus sanis medicus sed maie habenlibus; (n. 18) Qui se putat stare videat ne cadat ; Si qui deliquerit, advocatum habemus apud Patrem Jesum Chrisium, ipse est deprecatio pro delictis nostris; (n. 22). Mémento unde cecideris et âge poenitentiam et fac priora opéra; Rêver timini ad Dominum Deum vesirum quia misericors et pius est et patiens et
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destiné, dans la pensée de son auteur, non plus à légitimer la réconciliation des adultères — personne alors n'était scandalisé de leur retour à rÉglIse \ — mais à étendre ce bienfait aux la psi y c'est-à-dire aux chrétiens qui avaient apostasie pendant la persécution de Dèce. Saint Cyprien était, comme on le sait, l'admirateur de Tertullien qu'il aimait à appeler son « maître ». C'est donc un spectacle instructif que de le voir, non seulement accepter la réforme de Calliste, mais la trouver trop étroite, et l'étendre à une catégorie de pécheurs auxquels le pape ne s'était pas intéressé.
Comme l'innovation disciplinaire introduite par Calliste avait soulevé des protestations, la mesure dont saint Cyprien crut devoir prendre l'initiative eut, elle aussi, des contradicteurs. Novatien, qui venait de fonder une communauté schismatique, affecta de soumettre sa petite église à la rigide observance, et, tant que son parti prolongea son existence, il repoussa la doctrine du pardon des péchés graves, comme contraire à l'institution divine^. Deux docteurs, saint Pacien^ et saint Ambroise'*, prirent la défense de l'Eglise catholique sur ce point, et demandèrent à l'Ecriture de justifier sa législation. Mais
mullae miser icordiae. Puis, après divers autres textes, la parabole de l'ivraie (n. 25). Saint Cyprien avait sous les yeux le De pudicitia et il y a certainement puisé les textes scripturaires utilisés par Calliste et rapportés par Tertullien; mais il ne semble pas avoir connu la pièce de Calliste elle-même. Voir Rolffs, loc. cit., p. 125.
1. Saint Cyprien, loc. cit., n. 20 : « Nam et moechis a nobis poenitentiae tempus conceditur et pax datur » ; n. 26 : « Quibus tamen (moechis) et ipsis poenitentia conceditur et lamentandi ac satisfaciendi spcs relinquitur » : n. 27 : « Quum constet de apostolica probatione moechos et fraudatores quibus illi communicant idolâtras esse ». — Origène lui-même, vers la fin de sa vie, admit que l'on autorisât les adultères et les fornicateurs repentants à rentrer dans l'Église. Voir : Contra Celsum, 3. 51, M. 11. 988. Après avoir dit que les chrétiens pleurent ces coupables comme des morts, il ajoute : « yai w; èx vExptov àva^xàviaç eàv àlioXoyov èvoeî^tovra [/.ETaêo/Yiv . . . ucTepov tiote Tipoorieviai.
2. Novatien acceptait la réforme de Calliste et réconciliait les adultères avec l'Église. Voir les textes de la note précédente (quibus illi communicant). Il n'était inflexible que pour les apostats. Plus tard ses partisans se montrèrent plus sévères : ils frappèrent d'excommunication définitive tous les péchés graves. Voir Sockate, Histor. eccL, 1. 10, M. 67. 69