‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 200 sur 547 · Ibid 75. 5, M · texte numérisé non relu

Ibid 75. 5, M

LE MARIAGE. 157

§ 111. LE 3IARIAGE.

Origène, parlant de certains évéques qui autorisaient le divorce, déclara hautement que leur conduite, si elle pouvait être expliquée et excusée par les circonstances, n'en était pas moins en opposition avec ces paroles de saint Paul : « La femme est liée tant que vit son époux; lafemme qui, du vivant de son époux, s'unit à un autre homme, est adultère ^ ». Son contemporain, Tertullien, prouva l'indissolubilité du lien matrimonial par l'endroit de l'Evangile où Notre-Seigneur déclare adultère Ihomme qui abandonne son épouse pour en prendre une autre -. Les paroles du Sauveur reparaissent sous la plume de saint Basile ^ et du pape Innocent ^^ qui s'en servirent pour condamner le divorce. Saint Ambroise apporta, dans le même but, le texte : Qitod Deus conjunxit homo non separet'^. Saint Augustin^ et, à sa suite, saint Fulgence ^ démontrèrent par la maxime de saint Paul : Millier sui corporis potestatem non habet... qu'une personne mariée n'a pas le droit de pratiquer la continence, sans le consentement préalable de son conjoint.

Etablie sur les textes scripturaires que l'on vient de lire, la doctrine de l'indissolubilité du mariage ne rencontra de difficulté que dans la célèbre formule de saint Matthieu : Excepta fornicationis causa. En autorisant l'homme à renvoyer l'épouse adultère, Notre-Seigneur l'avait-il donc également autorisé à prendre une autre épouse? Quelques docteurs le pensèrent, notamment l'Ambrosiastre^, saint Épiphane^, saint Basile ^^ dans une certaine mesure, et peut-être aussi Tertullien ^'. Mais

Page 1