Ibid., 53, p
LES NOTES DE l'ÉGLISE. 165
d'orthodoxie '. Il rappela la parole du Sauveur annonçant que les faux prophètes feraient des prodiges capables d'ébranler les élus, si les élus pouvaient être ébranlés ^. « D'ailleurs, ajouta-t-il, les prodiges accomplis chez les hérétiques peuvent avoir pour auteur Dieu lui-même, qui veut par là, tantôt endurcir les méchants, tantôt les consoler, tantôt enfin les inviter à chercher le salut ^. » Dans ces conditions, que prouvaient les miracles dont les donatistes étaient si fiers? Et quant aux textes scripturaires invoqués par les schismatiques — quant à ceux du moins qui n'étaient pas manifestement étrangers à la question ^ — démontraient-ils autre chose sinon le petit nombre des bons? Or ce nombre, bien que modeste comparativement au chiffre des méchants, ne pouvait-il pas être grand en soi '^? Et surtout, de quel droit concluait-on, du petit nombre des bons, au petit nombre des membres de l'Eglise, qui contient des méchants mêlés aux bons ^?
Et pendant que, d'une main, l'illustre docteur détruisait, de l'autre il édifiait. Reprenant, pour la compléter, l'œuvre ébauchée par l'évêque de Milôve, Augustin évoquait les oracles de la Genèse, où Dieu promet à la postérité des patriarches l'empire du monde". 11 évoquaitles textes d'Isaïe^, puis ceux des Psaumes ^, où sont décrites d'avance les proportions grandioses du royaume du Christ. Il évoquait enfin les paroles du Sauveur envoyant ses apôtres prêcher l'Evangile à toutes les nations ^^.
1. De unilate, 53, p. 432. licite : ps. 100, 5 : « Detrahentem proximo suo occulte hune persequebar. »
■Z Ibid., 49, p. 428.