lOicL, 2. 2, p. 94G
164 THÉOLOGIE schipturaire; l'église.
Ne pouvant se dissimuler la valeur de l'objection qui leur était opposée, ils essayèrent parfois de l'éluder en présentant leur groupe comme vme fraction de l'Église universelle. Saint Augustin nous apprend que l'évêque donatiste Fortunius recourut à cet expédient ^ « Mais, lui répondit Tévêque d'Hippone, si vous êtes en communion avec le monde chrétien, envoyez des Lettres formées aux églises apostoliques et montrez-nous ensuite leurs réponses^. » Hélas! ils se rendaient compte que ces précieuses Lettres formées ne leur seraient accordées par aucune église. En désespoir de cause, ils renoncèrent à l'universalité. Ils demandèrent alors à l'Ecriture l'apologie du petit nombre. Ils rappelèrent que Loth et ses deux filles avaient été seuls sauvés de Sodome ; que deux tribus seulement étaient restées attachées à Jérusalem ^ ; que le Sauveur avait dit : « Croyez-vous que le Fils de l'homme, quand il reviendra, trouve la foi sur la terre ^ » ; et que l'Église était présentée dans le Cantique comme résidant « dans le pays du midi ^ ». Ils ajoutèrent que le mot « catholique » désignait primitivement, non pas une grande expansion, mais la fidélité à la doctrine intégrale du Christ, et qu'une société pouvait être catholique tout en restant confinée dans un coin de la terre ^. Enfin ils firent appel aux miracles ^ qui, chaque jour, étaient accomplis parmi eux, ainsi qu'aux persécutions auxquelles ils étaient en butte ^ ; et ils conclurent que ces miracles et ces persécutions les confirmaient dans la certitude de former la vraie Église. Saint Augustin eut vite raison de tous ces arguments. II prouva par un texte des Psaumes qu'il y a des persécutions justes et que la souffrance nest pas par elle-même un brevet