II. La composition de V Eglise
Ce fut encore la controverse donatiste qui amena les docteurs à étudier la composition de l'Église. Après avoir brisé avec Tévêque de Carthage, Cécilien, sous prétexte qu'il avait reçu l'ordination d'un traditeur, les donatistes entreprirent de raisonner leur conduite et de justifier leur révolte. Un de leurs évêques, Parménien, fit paraître un livre pour expliquer que les bons devaient fuir le contact des méchants, de peur d'en être souillés, et donc que les vrais chrétiens s'étaient vus forcés de renoncer à la communion de Cécilien, qui avait contracté, le jour de son ordination, une souillure ineffaçable. Divers textes scripturaires étaient apportés pour appuyer cette assertion, entre autres le verset des Psaumes : Oleum peccatoris non impi?iguet caput meum, et la maxime des Epîtres pastorales : Ne communices peccatis alienis ^.
La thèse donatiste ne resta pas longtemps sans réponse. A peine le livre de Parménien avait-il paru, que saint Optât prit la plume pour le réfuter. L'évêque de Milève enleva aux schismatiques l'appui de l'Écriture et leur prouva notamment que Ton ne devait chercher aucune ligne de conduite dans le verset :
2. De unilate, 33 et 45, M. 43. 4l6 et 425. — Ep. 105. 14, IM. 33. 401.