Dans saint Optât, Z>e schismate, 4. 7, M
LA COMPOSITIOX DE l'ÉGLISE. 167
Oleiim peccaton's '. Puis, faisant appel à la parabole évangéli([iie de l'ivraie et à la conduite des apôtres à l'égard de saint Pierre après le reniement, il conclut que les méchants devaient être mêlés aux bons dans l'Eglise, jusqu'à la fin du monde, et que l'oubli des fautes passées était assuré au repentir -.
Mais il était réservé à saint Augustin d'achever l'œuvre ébauchée par l'auteur du De schismate Donatistarum. L'évêque d'Hippone expliqua que, autre chose était d'approuver les méchants, autre chose de les tolérer, et que l'Ecriture qui condamne l'une de ces attitudes, couvre l'autre de son patronage ^. Ouvrant la Bible, il montra que les plus grands saints de l'Ancien Testament, depuis Moïse jusqu'à Zacharie, avaient pratiqué la tolérance à l'égard des méchants. Passant ensuite au Nouveau Testament il s'écria : « Le Seigneur a toléré Judas ; il a permis à ce démon, à ce traître, de recevoir dans la compagnie des disciples innocents ce qui est notre prix, ainsi que les fidèles le savent. Les apôtres ont toléré les faux apôtres. Paul a pratiqué la tolérance à l'égard de ceux qui substituaient leur intérêt à l'intérêt de Jésus-Christ '*. » Ces augustes exemples ne prouvaient-ils pas clairement que l'Église pouvait* sans se souiller elle-même et sans rien perdre de sa sainteté, laisser les méchants participer à ses sacrements^? Pour donner à cette conclusion un supplément de certitude, Augustin recourut aux paraboles évangéliques. Il montra que l'Eglise est, dans la pensée de Notre- Seigneur : un filet qui contient pêle-mêle de bons et de mauvais poissons ; un champ où l'ivraie est à côté du bon grain ; une aire sur laquelle gisent simultanément le blé et la paille. En 411, Augustin eut à Carthage une conférence contradictoire avec ses adversaires, dans laquelle les paraboles évangéliques tinrent une grande place. Poursuivis par la logique implacable de l'illustre évêque,