Epist. ad Carolum
le Formulaire d'IIormisdas, cette déclaration à laquelle les éveques d'Orient durent souscrire en 519, et qui, plus tard, fut approuvée par le huitième concile œcuménique : « Notre-Scit>neur a dit : Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam. La vérité de ces paroles est confirmée par l'expérience, caria religion catholique s'est toujours conservée immaculée sur le Siège apostolique ^ » D'autres fois, ce fut la parole : Ego rogaçi pro te ut non deficiat fides tua... confirma fratres tuos, qui servit à prouver l'indéfectibililé absolue du Siège apostolique. Déjà, saint Léon rappela que le Sauveur avait affermi la foi de saint Pierre pour affermir du môme coup la foi de l'Eglise -. Mais ce pape n'alla pas plus loin et ne transporta pas dans l'Eglise Romaine le privilège accordé à saint Pierre. Ce fut Agathon qui opéra ce transfert. On lit, dans sa Lettre à Pogonat : « L'Eglise romaine, par la grâce du Dieu tout-puissant, ne s'est jamais écartée de la tradition apostolique, elle ne s'est jamais souillée d'aucune nouveauté hérétique... elle demeure immaculée, conformément à la promesse faite par le divin Sauveur à saint Pierre : Ego rogavi pro te... Aussi les pontifes apostoliques mes prédécesseurs ont toujours confirmé leurs frères ^. » Le texte auquel Agathon vient de faire appel sera, on le sait, la preuve classique de l'infaillibilité pontificale.
On remarquera que, jusqu'ici, Rome a eu seule la parole. Si, maintenant, nous demandons aux Pères ce que l'on doit penser des prérogatives promises ou conférées à saint Pierre par le Sauveur, les uns nous répondront avec saint Cyprien que les paroles Tihi dabo claies ont fondé les évoques et sont comme la charte de l'épiscopat ^\ les autres, avec saint Ambroise ^,
1. Ep. 9, M. 63. 393. Ce document, sous sa forme actuelle, ne semble pas antérieur au neuvième siècle. On n'a plus le texte primitif d'Hormis das. Voir : Doellingeh, Das Papslhum, p. 373.