Adv. Joannem, 30, M
G. Haer. 5. 13. 1, M. 7, lloG.
182 THEOLOGIE SCRIPTURAIRE ; L ESCHATOLOGIE.
le Christ lui non plus n'est pas ressuscité ^ », le grand apôtre tira de la résurrection du Sauveur un aro^ument qui lui fut em prunté par saint Irénée^ et saint Epiphane ^.
Mais on lisait dans saint Paul : « La chair et le sang ne posséderont pas le royaume des cieux. » Dès le deuxième siècle, les gnostiques se firent de ce texte une arme contre la résurrection. Plus tard, les origénistes prétendirent, eux aussi, que Tapôtre^ en refusant à la chair et au sang l'entrée du ciel, avait nettement condamné la doctrine de la résurrection matérielle ^*. Aussi les docteurs, depuis saint Justin jusqu'à saint Jérôme, se firent un devoir de résoudre l'objection soulevée par les hérétiques. Deux solutions furent proposées. D'après l'une, saint Paul avait voulu enseigner que les élus auraient au ciel, non plus cette chair infirme et misérable que nous avons aujourd'hui, mais une chair incorruptible. D'après l'autre, l'expression « chair » dont s'était servi l'apôtre, était une métaphore désignant les œuvres charnelles ; de sorte que le texte en question devait être traduit ainsi : « Ceux qui s'adonnent aux œuvres charnelles n'entreront pas dans le royaume des cieux. » Cette seconde interprétation fut défendue par Tertullien^. La première, qui remonte à saint Justin^, fut adoptée par saint Irénée^,et saint Jérôme^. Elle semble avoir eu les préférences de saint Augustin, qui néanmoins ne rejeta pas l'explication de Tertullien ^. Saint Grégoire, au contraire, utilisa cette dernière dans une circonstance dont il a gardé lui-même le souvenir. Etant à Con&tantinople, il apprit un jour que le patriarche Eutychius, sur le point de mourir, s'obstinait à rejeter la résurrection. If se transporta