LA DURÉE DES PEINES DE L ENFER
de retracer ici lorig-ine et d'énumérer les partisans, alléguait en sa faveur deux textes scripturaires, à savoir : ces paroles de Notre-Seigneur dans saint Jean : « Si quelqu'un mange de ce pain il ne mourra pas... il vivra éternellement^ » ; et l'endroit de la Première épître aux Corinthiens où saint Paul, après avoir présente le Christ comme le fondement nécessaire à tout homme, enseigne que ceux qui mettront sur ce fondement du foin, de la paille, ou du bois, verront leurs œuvres consumées au jour du jugement, mais seront néanmoins sauvés quasi per igneni ^. On se persuadait, en lisant le texte de saint Jean que la réception de l'Eucharistie, ou du moins l'union au corps mystique du Christ, c'est-à-dire à l'Église, était un gage assuré de salut. On s'imaginait aussi que l'apôtre, en parlant du foin, de la paille et du bois, avait voulu désigner les fautes graves commises par les mauvais chrétiens, et qu'il avait par conséquent promis le salut définitif, après des épreuves plus ou moins longues, à tous les pécheurs baptisés et ayant conservé la foi au Christ.
C'est à saint Augustin que revient surtout le mérite d'avoir réagi contre cette tendance. Les miséricordieux ^ prétendaient avoir l'appui de deux textes scripturaires. L'évêque d'Hippone leur opposa les déclarations si nettes dans lesquelles saint Paul réclame « une foi qui agit par la charité ^* » et écarte du royaume des cieux les fornicateurs, les idolâtres, les voleurs, les avares, les adultères et en général tous ceux qui se rendent coupables de fautes graves **. 11 leur opposa également l'endroit où saint Jacques affirme l'inutilité de la foi sans les œuvres ^. Et il conclut que ceux qui attribuaient à la foi ou aux titres, soit de chrétien, soit de catholique, une vertu magique,
civitale il énumère les diverses nuances de cette doctrine, en commençant par celle qui promettait le salut à tous les hommes sans exception. Biais on voit par le De /aie et operibus que l'opinion la plus répandue était celle qui considérait le baptême ou la foi comme des gages de salut.