De recta fide ad résinas, 1. 9-13, M. 76. 1209 et suiv
3. Harduin, p. 1106. Le texte de saint Grégoire est tiré de la Lellre à Clédoniiis (ep. 101); le texte de saint Ambroise vient du De fide, 2 . 58.
212 THÉOLOGIE patristique; l'incarnation.
mélange des deux natures du Sauveur ' ; mais un grand nombre de ses partisans n'avaient pas sa modération et allaient jusqu'au monophysisme. Témoin de ces excès, Théodoret prit la plume pour les combattre, et écrivit ses trois Dialogues^ (447). 11 y donna la première place à la raison, et ce fut surtout, en s'aidant des principes de la philosophie, qu'il écarta de la nature divine de l' Homme-Dieu toute idée de changement, de mélange et de souffrance. Mais il eut soin de confirmer les données de la raison par le témoignage des Pères. Au cours du premier Dialogue, quand V Orthodoxe a démontré, par toutes les ressources de la dialectique, que le texte : le Verbe s'est fait chair, ne doit pas être entendu dans le sens d'une transformation du Verbe en chair humaine, Eraniste, ébranlé dans ses convictions monophysites, dit à son adversaire : « Tes démonstrations ne manquent pas de force. Toutefois je désirerais savoir comment les anciens docteurs de l'Église ont compris la formule : le Verbe s'est fait chair. ^ » Ses vœux sont immédiatement exaucés. V Orthodoxe cite d'abord l'endroit de la Lettre à Épictète où saint Athanase explique que le célèbre texte de saint Jean renferme l'idée, non d'une transformation, mais d'une « prise » de la chair par le Verbe, tout comme l'endroit où saint Paul dit que le Christ s'est fait malédiction, pour désigner simplement la prise, par le Christ, de la malédiction à laquelle nous étions sujets \ Puis il montre, textes en mains, que saint Grégoire de Nazianze, saint Ambroise, saint Jean Chrysostome, Sévérien de Gabala, ont adopté l'interprétation du grand évêque d'Alexandrie, et, comme lui, ont éclairé la formule de saint Jean par celle de saint Paul ^. Vient ensuite une longue liste de textes empruntés à saint Ignace, à