I.A CONTROVERSE MONOPHYSITE ; THÉODORET
saint Irénce, à saint Hippolyte et aux docteurs du quatrième siècle, lesquels proclament unanimement que le Verbe incarné a eu un corps semblable au nôtre, a été un homme comme nous ^ Dans le second Dialogue, l'interlocuteur monophysite se fait donner une démonstration de la distinction des natures du Christ, à laquelle il attache une grande importance. Toutefois, avant de se rendre, il tient à connaître l'opinion des Pères> « Je veux suivre, dit-il, les saints qui ont brillé dans l'Eglise. Montre-moi que, dans leurs écrits, ils ont distingué les natures après l'union -. » Et Y Orthodoxe dresse une nouvelle liste patristique, sur laquelle figurent, à côté de presque tous les docteurs grecs, les noms de saint Hilaire, de saint Ambroise et de saint Augustin^. Eraniste est vaincu par cette multitude de textes dont quelques-uns en effet, bien qu'en petit nombre, proclament nettement le dogme des deux natures. Il rejette les théories d'Apollinaire. On arrive ainsi au troisième Dialogue destiné à prouver que l'humanité du Sauveur a été seule à supporter les souffrances, et que la divinité n'y a eu aucune part. Ici encore, de copieux extraits des Pères viennent appuyer les déductions rationnelles '*. Eraniste, après les avoir écoutés, objecte que les docteurs n'ont pas tenu un langage de tout point uniforme. Et, en effet, si la plupart des textes apportés expliquent que l'humanité du Sauveur a été seule à souffrir, à mourir et à ressusciter, quelques-uns cependant enseignent sans scrupule que Dieu a été crucifié, qu'il est mort, qu'il est sorti du tombeau, h' Orthodoxe répond qu'il en est des docteurs comme des jardiniers qui, pour guérir un arbre d'un mauvais pli, lui donnent un pli opposé; que certains Pères ont pu parfois user d'expressions excessives pour mieux combattre certaines erreurs ; et qu'il n'y a rien là qui doive étonner^.
Théodoret n'était pas seul à chercher un appui dans la Tradition; ses adversaires eux aussi prétendaient représenter la doctrine du passé. On en eut la preuve, en 448, au svnode de