‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 268 sur 547 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

214 THÉOLOGIE patrisïique; l'incarnation.

Constantinople où Eutychès fut sommé de comparaître. Invité par ses juges à dire qu'il y a eu deux natures dans le Christ après l'union, et à anathématiser le sentiment opposé, le vieil archimandrite s'écria : « Malheur à moi, si je prononçais l'anathème contre les Pères M )) Et il déclara hautement que les docteurs avaient enseigné l'unité de nature du Christ. « Je suis, aimait-il à dire, le disciple de Cyrille d'Alexandrie de sainte mémoire, des deux Grégoire, de Basile, d'Athanase, d'Atticus, de Proclus ^ ». Condamné par Flavien, il en appela à un concile universel et adressa un plaidoyer, pour sa défense, aux évêques des principaux sièges. La lettre qu'il envoya au pape saint Léon nous est parvenue. On y lit, en post-scriptum, un extrait de la lettre du pape Jules à Denys, où la dualité des natures du Christ est expressément rejetée ^.

Que valaient les textes apportés par Eutychès? Les Pères du concile de Chalcédoine ne crurent pas devoir le chercher. Ils ne songèrent pas non plus à utiliser le travail de Théodoret, que son attitude, au cours de la controverse nestorienne, avait rendu suspect. En revanche, ils approuvèrent deux écrits de saint Cyrille, à savoir : la Lettre aux Orientaux, et la seconde des Lettres à Nestorius ^. « Gloire à Cyrille! C'est ainsi que nous croyons ^! » s'écrièrent-ils, dès la première session, quand on leur donna lecture de ces deux pièces. Ils approuvèrent aussi, dans les sessions suivantes, la lettre de saint Léon à Flavien ^. Ce fut à ces trois documents que se borna leur théologie positive de l'union hypostatique, leur preuve patrisïique de la distinction des natures dans le Christ. Heureusement, l'enquête que le concile de Chalcédoine négligea de faire, avait été accomplie avant lui avec autant de soin que d'autorité. La Lettre à Flavien qui, lorsqu'elle parut pour la première fois, n'était qu'un exposé majestueux et solennel du dogme de l'Incarnation, ne tarda pas à être enrichie d'un appendice pa-

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