Hauduln, p
224 THÉOLOGIE patristique; l'incarnation.
fit (le nombreuses recherches dans les écrits des Pères. A la dixième session, on lut un vaste recueil de textes apporté de Rome, par les légats du pape, et intitulé : Témoignages des saints Pères, prouvant qu'il y a deux volontés et deux opérations dans notre Seigneur, Dieu et Sauveur, Jésus-Christ^. Quand il avait donné lecture d'un extrait, le lecteur s'arrêtait. On consultait les archives de l'Église de Constantinople, et l'on comparait le texte romain avec le texte oriental. Quarante fois l'opération fut renouvelée, et quarante fois elle se termina à l'honneur des légats. Leurs témoignages étaient toujours exacts. Hàtons-nous de dire que ce travail de contrôle fut le seul auquel se livra le concile. Il vérifia, il ne fit pas autre chose. Et les textes apportés par les légats n'étaient autres que ceux dont la lecture avait été faite devant le pape Martin : ils étaient seulement plus longuement rapportés. Le concile de Rome de 649 avait porté la preuve patristique du dyothélisme à son plus haut degré de perfection.
Sur un point, cependant, le sixième concile œcuménique fit faire un progrès aux investigations acquises. A la troisième session, il fut décidé qu'on allait prendre connaissance des actes du cinquième concile. Immédiatement, le lecteur officiel reçut ordre d'en donner lecture. Il ouvrit son manuscrit et commença par lire le titre du document inscrit à la première page. C'était la Lettre de Mennas à Vigile sur V unité de la volonté du Christ. Mais, à peine avait-il prononcé ces mots, que les légats, prenant la parole, dirent à l'empereur : « Très pieux seigneur, ce recueil des actes du cinquième concile a été interpolé. Qu'on ne lise pas la prétendue lettre de Mennas à Vigile : c'est une pièce fabriquée ^. » Ému de cette protestation, l'empereur estima qu'une expertise était nécessaire : il donna ordre de la faire séance tenante. On se mit donc à examiner de près le susdit manuscrit. Quand on eut tourné quelques feuillets, on se rendit compte que les trois premiers cahiers avaient une pagination à part, sans rapport avec la pagination des cahiers suivants. On s'aperçut également que leur écriture