‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 277 sur 547 · Harduin · texte numérisé non relu

Harduin

LA CONTROVERSE MOXOTHÉLITE. 223

dans le Sauveur, mais qu'il avait seulement voulu signaler une conséquence de l'union hypostatique, d'après laquelle la divinité de Notre-Seigneur agissait par l'intermédiaire de l'humanité, tandis que les actions de l'humanité étaient ennoblies par le contact de la divinité ^ On le voit, le pape Martin se borna à reproduire l'interprétation de Maxime.

Mais il avait chargé son notaire, Théophylacte, de dépouiller la Tradition. A la cinquième session, ce travailleur consciencieux se présenta devant l'assemblée, tenant un rouleau à la main. « J'apporte dit-il, en s'adressant au pape, les témoignages des Pères que Votre Béatitude m'a prescrit de recueillir. J'attends vos ordres ». Martin fit signe de lire, et un clerc inférieur donna lecture du manuscrit. Les lextes, soigneusement classés, étaient distribués en trois séries. La première était consacrée à démontrer que la pluralité des natures implique une pluralité d'opérations. Les deux autres, plus importantes, distinguaient dans le Christ deux volontés et deux opérations. Théophylacte avait vraiment parcouru toute la Tradition. Ses extraits, qui couvrent plus de trente pages de nos in-folios, étaient tirés de saint Hippolyte, de saint Ambroise, de saint Augustin, de saint Léon, de saint Athanase, des trois Cappadociens, de samt Cyrille, de l' Aréopagite et d'autres encore. Et, si quelques unes de ces attestations étaient apocryphes , si plusieurs autres étaient sans portée, un bon nombre parmi elles avaient une valeur incontestable. Témoin ce texte de saint Ambroise : « 11 a pris ma volonté, il a pris ma tristesse. Je mentionne la tristesse parce que je parle de la croix. C'est ma volonté qu'il a faite sienne... c'est comme homme qu'il a dit : non sicutego volo sed sic ut tu, » Témoin cet autre de saint Léon : « Chacune des deux natures opère ce qui lui est propre, avec la participation de l'autre. Le Verbe fait ce qui appartient au Verbe ; la chair ce qui appartient à la chair. L'un se montre dans les miracles; l'autre succombe sous les injures. » La théologie patristique du dyothélisme, à peine ébauchée par Maxime, a été établie au concile de Rome de 649.

Trente ans plus tard (680), le sixième concile œcuménique

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