CHAPITRE III
LE PÉCHÉ ORIGINEL
Dès 412, quand il écrivit le De peccatorum meritis, saint Augustin eut recours au témoignage des Pères, et leur demanda dattester l'antiquité de la croyance au péché originel. Toutefois, ses informations patristiques étaient, à cette époque, très limitées. Il se borna à citer : d'une part, l'endroit de la Lettre à FiduSy où saint Cyprien mentionne le contagium mortis antiquae, ainsi que les non propria sed aliéna peccata qu'apportent les enfants à leur entrée dans le monde ^ ; d'autre part deux textes de saint Jérôme ^. Mais son attention était attirée de ce côté. A partir de ce moment, il se mit à l'étude des Pères, et se procura les ouvrages qu'il n'avait pas encore. En 418, quand il écrivit le De peccato originali^ il put opposer à Pelage l'autorité de saint Ambroise ^ ; et deux ans après, dans ses livres Ad Bonifacium '*, il était en mesure de puiser de nombreux textes, soit dans les livres de l'évéque de Cartilage, soit dans ceux de l'évéque de Milan. Il aimait surtout à citer cette phrase d'un Commentaire sur Isaïe, aujourd'hui perdu, où saint Ambroise disait : « Quiconque naît de l'homme et de la femme, c'est-à-dire du mélange des sexes, paie son tribut au péché. Celui qui a été à l'abri du mal, a aussi été à l'abri de ce mode de conception ^ ». Néanmoins, il ne feuilletait, même
L De peccator. merit., 3. 10, M, 44. 191.