LA CONDITION PRIMITIVE DE L'HOMME. — LE PECHE ORIGINEL. — LA GRACE
Dans les études que firent les scolastiques sur la condition primitive de l'homme, la théologie scripturaire n'occupa qu'une place accessoire, et pour ainsi dire infime. Ils prouvèrent par le texte de saint Paul : Et per peccatum mors, que le corps de notre premier père n'était pas sujet à la loi de la mort '. La parole : Crescite et multiplie amini, démontra que l'état d'innocence comportait le mariage et l'œuvre de la génération ^. On pourrait encore relever trois ou quatre autres passages bibliques de moindre importance; par exemple la formule : Praesit piscibus maris et volatilihus coeli, d'où l'on inféra l'empire absolu d'Adam sur tous les animaux ^ ; le texte : Appella^itque Adam nominihus suis cuncta animantia, d'où l'on déduisit, à l'exemple de saint Augustin, que le premier homme avait une science universelle ^. Et c'est tout ''. Dans sa
1. Saint Thomas, Summa theol., I. 97. 1. Durand, In Sent., 2. 19, qu. 1, cite ce texte et celui de la Genèse : In quo enim die comederis ex eo, morte morieris. Scot, In Sent., 2. 19, n. 1, cite aussi le mot de saint Paul (Rom. 8. 10) : Corpus quidem mortuum est pr opter peccatum. Pierre Lombard {Sent., 2. 19. 1) ne donne que ce dernier texte qui est amené sous sa plume par une citation de saint Augustin.