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304 THÉOLOGIE scripturaire; la confirmation.
Inutile de faire remarquer que le docteur de Cologne s'inspira en tout ceci de considérations théologiques étrangères à l'Écriture. Toutefois on verra bientôt qu'il crut avoir un appui dans la Tradition.
Saint Thomas recueillit la doctrine de son maître Albert. On lit en effet dans la Somme que le sacrement de confirmation a été institué, non par les apôtres, ni surtout après leur mort, mais par le Christ lui-même ; et que le Sauveur, s'il a donné « la chose du sacrement », c'est-à-dire le Saint-Esprit, sans s'astreindre à l'emploi d'une matière et d'une forme, a néanmoins déterminé cette matière et cette forme. Toutefois le docteur angélique croit que les apôtres n'ont pas toujours employé le chrême pour confirmer, et que dans les cas — rares du reste — où le Saint-Esprit manifestait sa présence par des prodiges sensibles, ils se sont contentés d'imposer les mains ^ Par là, il se sépare d'Albert qui était convaincu que les apôtres s'étaient toujours servis de notre rite sacramentel pour faire descendre le Saint-Esprit. On retrouve la même doctrine chez Durand ^. Saint Bonaventure, au contraire, marchant sur les traces d'Alexandre, enseigna ouvertement que l'usage du chrême et de notre formule actuelle a été inspiré par le Saint- Esprit aux chefs de l'Église après la mort des apôtres^. Et Duns Scot, tout en reconnaissant une certaine probabilité à l'opinion d'Albert, ne dissimula pas que ses préférences allaient du côté d'Alexandre''. On le voit, au quatorzième siècle, la
1. Summa, 3. 72. 2, ad 1 : « Non erat necessaria sensibilis materia sacramentalis (apostolis) ubi sensibilia signa miraculose exhibebantur divinitus. Utebantur tamen apostoli communiter chrismate in exhibitione sacramenti. »