‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 355 sur 547 · Ibid., 21, p · texte numérisé non relu

Ibid., 21, p

PASCHASE RADBERT ET RATRAMNE. 309

tis ^ . » Quand il eut développé ces considérations sur la manne et l'eau du rocher, Ratramne fit Tcxégèse des textes invoqués par Pascliase. Il expliqua que le cliangement opéré dans le pain et le vin parles paroles : Ceci est mon corpsy... ce calice est le Nou- {>eaii Testament dans mon sang^ devait être interprété par les textes de saint Paul relatifs à la manne et à l'eau du rocher. Il expliqua également que le texte : Si cous ne mangez la chair du Fils de V homme... ne devait pas être entendu de la chair qui fut crucifiée et du sang qui fut versé au Calvaire -.

Cependant la protestation de Ratramne ne fut pas isolée. Le vieil archevêque de Mayence, Raban Maur, estima qu'il était excessif d'identifier le corps eucharistique du Sauveur avec son corps historique^. Et plus d'un moine laissa entendre que la thèse de Paschase était ou fausse ou du moins insuifisamment prouvée ■*. L'abbé de Corbic crut devoir répondre à ses contradicteurs et il écrivit une dissertation sur les paroles de l'institution de l'eucharistie^. « Que ceux-là entendent, s'écria- t-il, qui ont imaginé de dire que le sacrement de l'eucharistie contient une certaine vertu de la chair et du sang du Seigneur et non sa vraie chair et son vrai sang. Celui qui est la Vérité même a dit : Ceci est mon corps... ceci est mon sang... Il n'a pas dit en rompant le pain : Ici, ou dans ce mystère, il y a une vertu ou une figure de mon corps. 11 a dit simplement : Ceci est mon corps. Et l'eucharistie est ce qu'il a voulu, et non ce que l'on voudrait qu'elle fût. » Quelque temps après, invité par Frudegarde à donner des explications sur la pensée de saint Augustin, Paschase s'arrêta de nouveau sur les paroles de l'institution de l'eucharistie. « En disant : Ceci est mon corps... ceci est mon sang, écrivit-il, le Seigneur a voulu dé-

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