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308 THÉOLOGIE SCRIPTURAIRE : l'eUCHARISTIE.

Chauve ^ qui, ne sachant que penser de cette dissertation, la fit examiner par Ratramne. Ce dernier répondit au roi par un traité en règle 2, qu'il intitula, lui aussi : De corpore et sanguine Domini, et où il essaya de démontrer que l'eucharistie contient le corps et le sang du Christ « en mystère et non en vérité » ; en d'autres termes, que « le pain et le vin sont figiir atiçement le corps et le sang du Christ^ ».

Paschase avait cherché la confirmation scripturaire de la présence réelle dans le discours du chapitre vi de saint Jean et dans les paroles de l'institution. Ratramne s'appuya, au contraire, sur l'endroit de la Première épître aux Corinthiens où saint Paul parle du baptême que reçurent les Israélites sous la nuée ainsi que dans la mer, et des repas spirituels qu'ils firent au désert. « Personne, dit-il, n'osera nier qu'il y eut vraiment un baptême et que nos pères furent baptisés. Or la nuée et la mer procurèrent la sanctification, non par elles-mêmes, mais parle Saint-Esprit dont elles contenaient la vertu''... De même la manne tombée du ciel et l'eau du rocher étaient des substances corporelles qui alimentaient corporellement le peuple. Comment donc l'Apôtre parle-t-il d'un aliment spirituel, d'un breuvage spirituel? Parce que ces substances corporelles étaient le siège de la puissance spirituelle du Verbe, laquelle alimentait, non pas les corps, mais les esprits des croyants. Et, bien que ce repas fût destiné à annoncer le mystère du corps et du sang du Christ, saint Paul dit cependant que nos pères mangèrent la même nourriture spirituelle, qu'ils burent le même breuvage spirituel. Que veut dire ce mot : le même? Il veut dire que nos pères mangeaient la même nourriture, buvaient le même breuvage que mangent et boivent aujourd'hui les croyants dans l'Eglise... Le Sauveur ne s'était pas encore incarné, il ne nous avait pas encore rachetés ; et déjà nos pères mangeaient, dans le désert, son corps et son sang au moyen de l'aliment et du breuvage spirituels qui leur étaient impar-

1. Voir la Lettre à Charles qui précède le Prologue, p. 1259.

2. De corpore et sanguine Domini, M. 121, 125 et suiv.. Remarquez le début : « Jussistis, gloriose princeps... ».

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