C. Jul. G, M. 7f). 703; Ibid. 7, M
paravant, saint Augustin, non content de proclamer hautement que le Christ avait conquis la foi du genre humain par ses miracles \ se moquait de ceux qui prétendaient comparer les merveilles évangéliques avec les prodiges d'Apulée ou d'Apollonius ^.
Toutefois une observation est ici nécessaire. Saint Augustin considère sans doute les miracles accomplis par le Sauveur comme des motifs de crédibilité. Mais quand on cherche sur quel fondement il appuie la certitude de ces miracles, on s'aperçoit qu'il ne fait jamais appel à l'autorité historique des évangiles. Prédicateur et théologien, il invoque souvent les évangiles. Apologiste, il ne les mentionne guère qu'une fois; et c'est pour déclarer qu'il ne croirait pas à l'Evangile sans l'autorité de l'Église ^. Comment sait-il donc que le Sauveur a vaincu les lois de la nature ? Surtout par la conversion du monde. Il constate d'une part que la religion du Christ s'est répandue dans tout l'univers civilisé. Il constate d'autre part que cette expansion, dans les conditions où elle s'est faite, s'erait ellemême le plus incroyable des prodiges si elle n'avait reçu aucune impulsion supérieure au génie de l'homme ^^ Il conclut à une intervention divine. La conversion du monde, voilà donc
1. De utilitate credendi, 32 à 34, M. 42. 88 à 90 : « Quid enim aliud agunt tanta et tam multa miracula, ipso etiam dicente illa fieri non ob aliud nisi ut sibi crederetur?... Ergo ille afferens medicinam quae corruptissimos mores sanatura esset, miraculis conciliavit auctoritatem. •>
2. Ep. 138. 18, M. 33. 533 : « Quis autcm vel risu dignum nonputet quod ApoUonium caeterosque magnarum artium peritissimos conferre Christo vel etiam praeferre conantur ? »
3. Contra epist. Manichaei, 6, M. 42. 176 : « Ego vero Evangelio non crederem nisi me catholicae Ecclesiae commoveret auctoritas. » — Dans De civil. 22. 8. 1, M. 41. 760, saint Augustin fait appel aux « veracissimis libris » des évangiles. Ce texte ne contredit aucunement celui du Contr. ep. Manich... Augustin est convaincu de la véracité des récits évangéliques, mais sa conviction repose sur l'autorité de l'Église.
4. De fkle rerum quae non videntur, 7, M. 40. 176 : « An vobis inane vel levé videturet nuUuni vol parvum putatis esse miraculum divinum, quod în nomine unius crucifixi universumgenus currit humanum. » Et n. 10, p. 179 : « Quem non movere deberet ut crederet repente illuxisse divinam humano generi claritatem quando videmus relictis diis falsis... unum verum Deum ab omnibus invocari ? Et hoc esse factum per unum hominem
abhominibus illusum Quando tantum crucifixus ille potuisset nisi Deus
hominem suscepisset etiamsi nuUa per prophetas futura talia praedixisset? »