‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 35 sur 547 · PROUVKE PAR LES MIRACLES · texte numérisé non relu

PROUVKE PAR LES MIRACLES

Origènc mit fin à celte timide réserve. Comme les contemporains de saint Justin, Celse avait attribué les miracles évangéliques à la magie, à laquelle, disait-il, Jésus s'était fait initier pendant son séjour en Egypte. Le grand docteur d'Alexandrie releva vivement cette assertion du philosophe païen. « Les magiciens, dit-il, ne corrigent jamais les mœurs des hommes. Ils ne le peuvent pas et ils ne s'en préoccupent même pas parce qu'ils sont remplis de crimes... Mais Jésus a, par ses miracles, porté les hommes à la vertu... Comment donc le confondre avec les magiciens ' ? » Au commencement du quatrième siècle, Arnobe et Eusèbe suivirent la voie frayée par Origène. « A-t-on jamais rencontré, dit le philosophe de Sicca, un magicien qui ait fait la millième partie des œuvres accomplies par le Christ, qui ait fait des guérisons sans le secours des formules, des herbes ou des astres?... Peut-on prendre pour un mortel comme nous celui qui, d'un mot, mettait en fuite les maladies, les fièvres et les autres infirmités corporelles ^ ? » Et ce thème lui inspire une tirade d'une grande envolée. Quant à Tauteur de la Démonstration èvangèlique, il consacra deux longues dissertations à établir successivement la réalité des faits merveilleux accomplis par le Sauveur et leur caractère divin ^. La preuve tirée des miracles évangéliques était définitivement entrée dans la controverse païenne et dans la controverse juive. Quand il eut à répondre aux objections de Julien l'Apostat, saint Cyrille d'Alexandrie sut mettre à profit les considérations développées par Eusèbe '*. Et quelques années au-

diale... » Il voit donc dans ces miracles une preuve de la divinité do lour auteur. Toutefois il déclare ailleurs que les miracles ne prouvent rien {Adv. Marc. 3. 3, M. 2. 324). A l'objection de Marcion qui dit que le Christ a démontré son origine divine par ses miracles, il répond : « Ego negabo solam hanc illi speciem ad testimonium competisse quam et ipse postnio- (liun exauctoravit, siquidem edicens multos venturos et signa i'acturos, et virtutes magnas edituros... nec ideo tamen admittendos, temerariam signorum et virtutum fidem ostendit. ••

1. Contra Celsum, 1. 08, M. 11. 788. Voir encore : Ibid. 2. 51 et 1. 38, M. j). 877 et 733.

2. Adversus .génies, 1. 43 à 45, M. 5. 773 à 770. Voir : Ibid. 2. 11 et 12, p. 826.

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