L'UNITÉ DE DIEU
Quand les apologistes furent amenés à proclamer l'unité de Dieu contre les païens, ils se crurent en droit d'utiliser le secours que leur offrait l'Ecriture. Athénagore, par exemple, emprunta à Isaïe les textes suivants : « Le Seigneur est notre Dieu, personne ne peut lui être comparé. — Je suis le premier et le dernier; il n'y a pas d'autre Dieu que moi. — Le ciel est mon trône, la terre est l'escabeau de mes pieds ; quelle maison pourriez-vous m'élever ^ ? » Et, dans le Discours contre les païens, saint Athanase opposa aux élucubrations polythéistes ces paroles du Sauveur: « Le Seigneur est le seul Dieu. — Jeté loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre ^. » Toutefois ils préférèrent le plus ordinairement réfuter leurs adversaires par Tautorité de la raison, des philosophes ou des poètes ^. Aussi le dogme de l'unité de Dieu ne provoqua, chez les apologistes, que des recherches scripturaires sans importance. Le résultat fut tout autre dans la controverse gnostique.
Les gnostiques avaient imaginé deux dieux opposés : l'un, le dieu de l'Ancien Testament, créateur de l'univers, être méchant et cruel; l'autre, le Dieu du Nouveau Testament, être bon, désireux de soustraire Fhomme à l'empire du dieu méchant, étranger à la création mais auteur de la rédemption. Selon eux, saint Paul avait clairement enseigné le dualisme quand
L Légat. 9, M. 6. 908.