‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 387 sur 547 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

LE MARIAGE

Le concile de Châlons de 813 condamna les seigneurs qui s'arrogeaient le droit de casser les mariages contractés par leurs serfs, et il appuya sa sentence sur la parole du Sauveur : Quod Deus conjunxit homo non separet^ . Nous retrouvons ce même texte sous la plume de Nicolas ^ et de Jean VIII ^, et il leur sert à prouver que le lien conjugal est indissoluble. Voilà à peu près toute la théologie scripturaire du mariage depuis Charlemagne jusqu'au douzième siècle. Ajoutons, si l'on veut, que le pape Jean VIII, en mettant le cas d'adultère hors la loi de l'indissolubilité, s'est implicitement référé au texte : excepta fornicationis causa^^ et que Nicolas a fait appel à la maxime de saint Paul : Mulie?^ sui corporis potestatem non habet sed {>ir, pour défendre à l'épouse de pratiquer la continence sans l'assentiment de son époux ^.

Les scolastiques du douzième siècle commencèrent leurs études sur le mariage par demander à l'Ecriture des renseignements sur son origine. La Genèse leur apprit que le lien matrimonial avait été institué par Dieu lui-même au paradis terrestre, soit quand il prononça la parole : « Croissez et multipliez-vous «, soit quand il donna une compagne à Adam, soit enfin, quand le premier homme s'écria sous l'inspiration du

L Canon 30, Harduin, Acta conciliorum,4. 1036.

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