Ep. 140, M. 119. 1138; Ép. 149, p
TIIKSE DE PIERRE LO^IBARD. 347
Saint-Esprit : « L'homme quittera son père et sa mère et il s'attachera à son épouse, et ils seront deux dans une seule chair* ». Quand cette question fut résolue — ce fut la seule pour laquelle Roland consulta l'Ecriture — Hugues'^ et Pierre Lombard ^ firent appel au texte de saint Paul : Sacramentum hoc magnum est, et, forts de cette autorité, ils déclarèrent que le mariage est le symbole de l'union qui existe entre le Christ et son Eglise. Pierre observa alors que les textes précédents, le mot de saint Paul : Virgo non peccat si nubat, et la présence du Sauveur à Cana donnaient à l'honnêteté du mariage une garantie divine ''•. Puis, passant à la question de la polygamie, il prouva par la formule : Et erunt duo in carne una^ qu'elle était étrangère au plan primitif de Dieu^. Il mentionna, par voie d'allusion, l'endroit de l'Evangile où le Christ autorise le renvoi de l'épouse adultère; puis, après avoir noté que l'épouse a reçu le même droit à l'égard du mari coupable, il cita le mot de saint Paul : Quod si discesserit manere innuptam, d'où il conclut que les époux séparés pour cause d'adultère étaient tenus au célibat^. Enfin le texte : Uxori çir dehitum reddal^ lui servit à démontrer que, le cas d'adultère excepté, la continence est interdite aux époux, si elle ne repose sur un consentement mutuel '. Toutefois, préoccupé avant tout d'apporter des références patristiques, il jeta comme en passant et sans s'y arrêter les attestations scripturaires qu'on vient de lire. C'est ce qui explique qu'il a négligé le texte : Quod Deus conjunxit homo non separet, ou, ce qui revient au même, qu'il s'est contenté de l'emprunter à un canon du concile de Chàlons ^. C'est ce qui explique également qu'il a laissé à saint Augustin le soin
1. Hugues, De sacramentis, 2, pars 11. 2, M. 176. 481; Pierre Lombard, Sentent., 4. 26. 1, M. 192. 908; Roland, Sentent., dans Gietl, p. 270. Roland dit que c'est la parole : Crescite... qui a institué le mariage. Hugues et Pierre semblent attribuer ce rôle à la parole d'Adam. Cependant Hugues met aussi en avant l'acte de Dieu présentant à Adam sa compagne.