‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 405 sur 547 · Loc. cit. 11 vise la sentence du jugement sans la citer · texte numérisé non relu

Loc. cit. 11 vise la sentence du jugement sans la citer

362 THÉOLOGIE scripturaire; l'eschatologie.

complet, des ressources que les docteurs scolastiques demandèrent à l'Écriture, pour appuyer leur doctrine eschatologique. On remarquera sans doute qu'il n'a point été question du feu de l'enfer. C'est que, sur ce point, les maîtres de la théologie, à l'exception peut-être de Duns Scot, crurent ne pouvoir obtenir des textes inspirés aucun renseignement. Cette assertion, pour étonnante qu'elle paraisse, ne saurait être contestée. Saint Bonaventure affirme en toutes lettres que « l'Ecriture n'a rien défini sur la nature du feu de l'enfer ^ ». Durand s'exprime comme il suit : « L'Écriture nous dit bien qu'il y a du feu dans l'enfer, mais elle ne nous dit pas nettement ce qu'il faut entendre par ce feu. C'est certainement l'histoire du mauvais riche qui semble prouver le plus clairement* que ce feu est matériel... Et pourtant, à y regarder de près, la conclusion contraire paraît plus fondée... Et en effet, telle langue tel feu... Or la langue du mauvais riche n'était pas corporelle ^. Donc le feu, lui non plus, n'était pas corporel... » Ainsi parle Durand. Et, si Albert le Grand -^ et son disciple saint Thomas"* ne tiennent pas un langage aussi net, leur pensée n'en est pas moins certaine. Ils ne demandent pas à l'Écriture des indications sur la nature du feu de l'enfer : par là ils laissent entendre clairement qu'ils n'espèrent pas en trouver chez elle. Pourtant ils n'ont aucun doute sur la cause des tortures que les damnés ont à endurer. Ils savent, de science certaine, que le feu qui dévorera ces malheureux après le jugement général, et qui, dès maintenant, les tourmente, ils savent, dis-je, que ce

1. In Sent. 4. 44, p. 2, art. 2, qu. 1 : « Dicendum quod quamvis ad hanc quaestionem videatur temerarium respondere quia Scriptura eam non déterminât... » Le saint docteur explique ensuite que l'on doit croire à l'existence d'un feu matériel, mais pour des raisons patristiques. Tous les autres tiennent un langage analogue.

Page 1