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II. La théologie didactique de Vlncatnation

Le coté patristiqiio de rincarnation fut à peu près complètement sacrifié par la plupart des scolastiques du moyen âge. Parmi les rares docteurs qui firent exception à cette loi, deux surtout méritent d'être mentionnés : Pierre Lombard et saint Thomas. C'est à eux que Ton doit s'adresser, si Ton veut savoir dans quelle mesure les études cliristologiques des Pères furent utilisées avant le concile de Trente.

Le Maître des Sentences cita, pour expliquer lunion hypostatique, un bon nombre de textes empruntés à saint Augustin, à divers conciles d'Espagne, et surtout au De Fide ad Petriun que, selon l'usage de son temps, il attribua à l'évéque dHippone'. Ayant à traiter de la science humaine du Sauveur, il rapporta tout au long l'endroit du Commentaire sur saint Luc. où saint Ambroise n'avait pas craint de soumettre Tintellect créé de Jésus à la loi du progrès. Mais il déclara que l'évéque de Milan n'était pas à suivre sur ce point, et que l'on devait réduire à une question d'apparence ou de manifestation extérieure le progrès de la science humaine de l'Homme-Dieu ^. Un texte de Bède, présenté sous le nom du pape saint Grégoire, lui servit à confirmer cette assertion -^ Il prouva par plusieurs endroits de saint Ambroise, de saint Jérôme, de saint Augustin et de Bède la réalité des souffrances du Christ et la présence dans son âme d'une volonté humaine '. Saint Hilaire avait, il est vrai, paru soustraire la nature humaine du Verbe incarné à l'empire de la souffrance. Mais Pierre, après avoir cité longuement l'endroit le plus suspect du ÏJe Trinitate,

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