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Epist. ad episcopos Galiiae, 2, M

2. Epistola Adriani papae episcopis per universam Spaniam commoraniibus, M. 98. 377.

LA CONTROVERSE ADOPTIANISTE. 385

nias : « Quiconque distingue deux fils, l'un ayant Dieu pour Père, l'autre ayant Marie pour mère... n'est plus l'héritier du ciel promis aux vrais croyants. Bien qu'il y ait, en effet, deux natures, celle de Dieu et celle de l'homme, il n'y a pas deux fils. » Elle lui apprit que, dans le De Incarnalionc Verbi, saint Athanase avait tenu un langage analogue. Elle lui apprit également que saint Jean Chrysostome et saint Léon avaient présenté le Sauveur comme l'auteur de notre adoption, d'où une inférence légitime autorisait à conclure que le Sauveur n'avait pas eu besoin d'être adopté par Dieu. Elle lui apprit enfin que saint Augustin avait t'ait, dans ses Tractatus super Joannis Evangelium^ plusieurs déclarations nettement opposées à la thèse des évêques espagnols, notamment les suivantes : « Celui-là devait baptiser qui était le Fils unique de Dieu et non fils adoptif. Les fils adoptifs sont les ministres du Fils unique... Le Père aime son Fils, mais comme un père aime son fils, et non comme un maître aime son serviteur. Il l'aime comme son Fils unique, et non comme un fils adoptif. »

Adrien avait opposé aux adoptianistes l'autorité de là Tradition. Restait à contrôler les attestations que les Espagnols alléguaient en leur faveur. Ce fut l'œuvre du concile de Francfort. Les évêques francs examinèrent le recueil patristique composé par Félix et Elipand. Ce qui les frappa tout d'abord, ce fut l'absence de toute indication sur la provenance des textes. Ce fait suffit, à lui seul, à éveiller leur défiance^. En poursuivant leur lecture, ils remarquèrent que les citations de saint Ambroise, de saint Jérôme, de saint Augustin étaient prises à contresens, et que la liturgie mozarabe était le seul monument ecclésiastique qui favorisât la thèse adoptianiste. Ils consignèrent leurs observations dans VEpistola synodica qu'ils envoyèrent aux évêques d'Espagne. Ils insistèrent surtout sur le texte de saint Augustin et sur les formules de la liturgie espagnole. « C'est en parlant de nous, dirent-ils, que le docteur d'IIippone emploie l'expression homo adoptatus ^

1. Ejml. Adriani, p. 379-380. Le texte de saint Augustin est tiré de : In Jo. tr. 7. 4.

2. Epht. synodica, 3, M. 101, 1332 : « Tacuistis nomina librorum ei numerorum capitulorum ut dinicilius error vester invcstigaretur ».

386 THEOLOGIE patristique; l incarnation.

et non en parlant du Christ qu'il appelle au contraire unicus natus. L'auteur de votre lettre a donc faussé la pensée du saint docteur en appliquant le « liomo adoptatus » à l'humanité du Sauveur ^.. Vous nous dites que vos prédécesseurs Eugène, Ildefonse, Julien... ont laissé des textes liturgiques où Ton trouve : Qui per adoptwi hominis passionem . . . Salvator noster per adoptionem carnis... Vous feriez mieux de croire Dieu le Père quand il appelle le Sauveur « son propre Fils », que de croire votre Ildefonse qui vous a composé des offices liturgiques inconnus à la sainte Église. Sachez que, si votre Ildefonse appelle le Christ « homme adoptif », notre Grégoire, pontife de Rome, l'appelle toujours « Fils unique », témoin les oraisons de la seconde férié après les Rameaux... de la quatrième férié de la même semaine... de F Ascension... de la Sainte-Croix... Dans toutes ces oraisons il donne le titre de « Fils unique » à celui qui nous a rachetés ^ ».

Paulin d'Aquilée ^ et Alcuin^', ce dernier notamment, donnèrent une place considérable à la démonstration patristique de l'unité du Christ. Ils recueillirent dans les œuvres de saint Hilaire, de saint Augustin, de saint Cyrille, de saint Léon, du pape saint Grégoire, d'autres encore, de nombreux textes destinés à réfuter la distinction d'un fds propre et d'un fils adoptif dans le Verbe incarné. Mais le pape Adrien avait apporté les références les plus décisives et n'avait rien laissé d'important à glaner. La plupart des attestations que l'on rencontre dans les écrits de Paulin et d'Alcuin se bornent à proclamer l'unité de personne du Sauveur, et par conséquent elles n'atteignent pas, au moins directement, la thèse adoptianiste qui, on le sait, prétendait être soumise aux décisions des conciles du cinquième siècle. Il est donc inutile de les examiner en détail. Inutile aussi de nous arrêter auprès d'Agobard et de Paul Alvarez qui n'ont guère fait qu'utiliser les travaux de Paulin et d'Alcuin.

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