‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 430 sur 547 · IbicL, n · texte numérisé non relu

IbicL, n

4. Ibid., 3. d. 15 à 17. l);uis dist. 17. 3, le texte attribué à saint Jérôme est de Bédé. Dans dist. 15. 1, fin, apparaît un auti-e texte tiré d'une Explanatio fùlei attribuée à saint Jérôme. Cette Explanalio est le LiOellus fidei adressé par Pelage à Innocent ^^

388 THEOLOGIE PATRISTIQUE ; L INCARNATION

décida qu'il était susceptible d'un bon sens et que l'évêque de Poitiers n'était pas tombé dans le docétisme ^ . Arrivé au chapitre de la rédemption, il mit sous les yeux du lecteur, sans l'en prévenir toujours, plusieurs extraits de saint Augustin, qui montraient le Christ prenant le diable au piège et lui arrachant, selon les règles de la justice, les hommes dont il avait fait ses esclaves '■^. Enfin, attentif à s'abriter en toute occasion sous l'autorité des Pères, il apporta divers témoignages patristiques pour légitimer ou contrôler certaines formules scolastiques ^.

Pierre Lombard n'avait, pour ainsi dire, pas fait un seul pas dans le De Incarnatione sans s'appuyer sur les Pères : saint Thomas fut moins réservé. Il mena son enquête sur les multiples espèces de la science humaine du Christ, sans prendre un seul renseignement auprès de la Tradition. Quand il se mit à la recherche des motifs et des effets de la mort du Sauveur, il ne cita que deux textes de saint Augustin, tous deux d'importance secondaire ^ En revanche, il résolut la question des convenances de la passion à l'aide de nombreux extraits inconnus à Pierre Lombard ^. A l'exemple du Maître des Sentences, il présenta une démonstration patristique de l'union des deux

1. Sent., 3. d. 15.7 : « Audisti, lector, verba Hilarii quibus clolorem excludere videtur. Sed, si excussa sensus et impietatis habitudine praemissis diligeiiter intendas... dictorum rationematque virtutem percipere utcumque poteris et intelligentiam arguere non attentabis. »

2. Sent., 3. d. 19. 1 et 20. 1. Ce dernier paragraphe est composé à l'aide de saint Augustin {De Trinit., 13. 13 à 18) qui n'est pas nommé une seule fois.

3. Sent., 3. d. 5 à 7. Les références patristiques qui abondent dans ces trois distinctions sont destinées à trancher des questions subtiles auxquelles il est inutile de s'arrêter ici.

4. Summa theoL, 3. qu. 48. 3 et 49. 2. Ce dernier texie, qui étudie la rédemption dans ses rapports avec le diable, ne cadre pas avec la doctrine générale de la Somme.

5. Summa theoL, 3. qu. 46. 2 et surtout 4. Voici deux textes qui donnent une idée des subtilités que l'on trouve parfois jusque chez saint

^ Thomas : « Tertia ratio (il s'agit d'expliquer pourquoi Notre-Seigneur est mort en croix) est quia, ut Chrysostomus dicit in sermone De passione, m excelso ligno et non sub tccto passus est, ut etiam ipsius aeris natura mundetur. Sed et ipsa terra simile beneficium sentiebat decurrentis de latere sanguinis stillatione mundata... Quarta ratio est quia per hoc quod in alto moritur, ascensum nobis parât in coelum, ut Chrysostomus dicit ».

l'incarnation dans saint THOMAS. 389

natures du Christ dans une seule liypostase; mais il demanda ses preuves à saint Jean Damascène, à saint Grégoire de Nazianze, et surtout au concile de Chalcédoine et dEphèse dont il rapporta les définitions à difï'érentes reprises \ en leur associant une fois un canon du cinquième concile-. Ce n'est pas ainsi que Pierre Lombard avait procédé. Enfin le Docteur angélique opposa à la doctrine monothélite trois définitions du sixième concile, plusieurs citations, pas toujours exactes il est vrai, de saint Ambroise, et le célèbre texte de saint Léon : Agit iitraquc forma ciun alterius communione quod pvopriiun est *^. On le voit, ici non plus, la Somme n'a pas mis à contribution les Sentences.

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