I. La controverse prédestinatienne
11 y a tout lieu de croire que, dans sa Lettre à Raban, Gottescalc entreprit d'appuyer sur les Pères les divers aspects de sa doctrine ' ; mais ce recueil patristique ne nous est pas parvenu. En revanche nous avons sa Confessio ^ ainsi que sa Confessio prolixior ^ , et ces deux pièces apportent de nombreuses références pour légitimer la doctrine de la prédestination à l'enfer. Gottescalc rappelle que Fulgence a écrit un livre entier en faveur de ce sentiment, et il extrait du traité Ad Monimiini le passage suivant : « Dieu a préparé des peines aux pécheurs, c'est-à-dire à ceux qu'il a justement prédestinés aux supplices'*. » Il rappelle également que saint Isidore n'a pas craint d'écrire cette phrase : « Il y a une double prédestination; l'une au repos : c'est celle des élus; l'autre à la mort : c'est celle des réprouvés ^. » Mais c'est surtout dans les écrits de saint Augustin que l'une et l'autre Confessio s'approvisionnent. L'auteur de V Enchiridion fournit au moine prédestination une ample moisson de textes dont voici quelques-uns : « Il existe
L C'est ce que l'on peut induire de la démonstration patristique cntroprise par Raban l'elativement à l'universalité de l'appel des hommes ai. salut. Ep. o, xAl. 112. 1541.