Confessio, p. :j50; Confessio proiixior, p
TIILOLOGIE. 20
402 THÉOLOGIE PATRISTIQUE; la GRACE.
un peuple qui est destiné à la colère de Dieu, et qui doit être damné avec le diable \ Pourquoi le Seigneur a-t-il dit aux Juifs : Vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis? C'est parce qu'il les savait prédestinés à la mort éternelle, et non rachetés par le prix de son sang pour la vie éternelle -. Que peut le loup? Que peuvent le voleur et le larron? Ils ne prennent que ceux qui sont prédestinés à la mort ^. Dieu damnera ceux qu'il a justement prédestinés à la peine ''. »
On sait que le premier adversaire de Gottescalc fut Raban Maur. Comme il avait interrogé l'Écriture, l'archevêque de Mayence interrogea aussi la Tradition. Tenant à donner à son enquête une base aussi large que possible, il ne pratiqua Técleclisme à aucun degré, et il s'adressa indifféremment à Prosper, à Gennade, à l'auteur de Y Hypomnesticon, à Origène, à saint Augustin, à l'Ambrosiastre et à Pelage ^. Il est vrai que ces deux derniers auteurs se dissimulaient sous les noms de saint Ambroise et de saint Jérôme. A tous ces témoins, Raban Maur demanda de déposer contre la prédestination à l'enfer et en faveur de Tappel de tous les hommes au salut. Mais il n'examina pas toujours de très près les réponses qui lui étaient données. Il transcrivit, par exemple, le passage suivant de VHypomnesticon, sans se demander s'il n'introduisait pas l'ennemi dans la place : « Parmi ceux qui voulaient recevoir la foi delà vie éternelle, nous en connaissons qui l'ont reçue; d'autres qui ne l'ont pas reçue. D'autres, qui ne voulaient pas l'obtenir, ont eu leur volonté changée par la grâce divine ^. » Il transcrivit également une partie du livre de Prosper Contre les objections de Vincent' , sans paraître se rendre compte que ce vénérable écrivain rejetait, au même sens que son maître Augustin, l'universalisme de l'appel à la grâce.