‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 446 sur 547 · THÉOLOGIE PATRISTIQUE ; LA GRACE · texte numérisé non relu

THÉOLOGIE PATRISTIQUE ; LA GRACE

dore^ enseignaient l'existence d'une prédestination à l'enfer. Du reste, pour éviter tout malentendu, il expliqua ensuite que cette prédestination n'impliquait nullement la nécessité de pécher, et que les prédestinés à l'enfer ne l'étaient pas à commettre le maP. Loup de Ferrières, après avoir prouvé, par l'autorité de saint Augustin, que le Sauveur était mort seulement pour les élus et non pour tous les hommes, crut devoir aller au devant d'une objection qu'on aurait pu lui faire. « C'est pour n'avoir pas compris l'enseignement évangélique, dit-il, que saint Jean Chrysostome, parlant de la mort du Sauveur, a écrit : Il est mort, non pas seulement pour les fidèles, mais pour le monde entier, pour tous. Si tous ne croient pas en lui, il a du moins fait tout ce qui dépendait de lui. Ce grand évêque — soit dit avec tout le respect qui lui est dû — n'a appuyé son sentiment sur aucun témoignage divin ^ ». — Rémi établit par les textes que nous connaissons l'existence de la prédestination à l'enfer ^. Passant de là à la rédemption, il cita divers textes de saint Augustin qui en limitaient l'extension aux fidèles, notamment les deux suivants : « Sur le point de mourir, le Sauveur voulut servir, non seulement ceux pour qui il allait mourir, mais encore celui qui allait le livrer à la mort... Quiconque affirme la divinité du Christ mais rejette son humanité, le Christ n'est pas mort pour lui •* ». Il crut pouvoir retrouver la même doctrine dans saint Léon et saint Grégoire ^, et il s'efforça de ramener à son sentiment certains textes de saint Léon qui semblaient le contredire '.

Et, avant les trois écrivains qui viennent d'être mentionnés. Prudence avait publié sa Lettre à Hincmar et à Pardulus ^

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