Ibid., p. 248 et 219. Tiré de In Eplœs
403 THÉOLOGIE PATRISTIQUE; la GRACE.
tinées à rassurer ceux qu'aurait pu émouvoir le spectacle de deux docteurs prédestinatiens. Transformant les données de riiistoire, il déclara que les Gaulois que saint Prosper avait jadis réfutés, étaient des prédestinatiens ^ dont la doctrine avait pénétré en Espagne; et il expliqua ainsi par l'influence du milieu l'erreur de saint Isidore ^. 11 fit observer que le nom de saint Fulgence ne figurait pas sur le catalogue des livres approuvés par le pape Gélase ; d'où il conclut que l'auteur des Livres à Monime était un docteur d'ordre secondaire qui, sans être dépourvu de toute valeur, ne méritait qu'une confiance limitée ^. Il rappela du reste que saint Cyprien lui-même était tombé dans l'erreur sur la question du baptême, et que les plus grands docteurs n'avaient pas toujours été d'accord ^. Il ne se douta pas que saint Fulgence , étant venu après Gélase, n'avait pu être inscrit sur le catalogue de ce pape.
Saint Fulgence et saint Isidore furent donc sacrifiés par l'archevêque de Reims. En revanche, saint Augustin fut l'objet d'un plaidoyer très habile dont bénéficia saint Prosper. Jusqu'en l'an 412, le grand docteur d'Hippone avait admis, sans restriction, l'universalisme de l'appel au salut, et avait laissé au texte : Deus vult omnes homines sal{>os fieri, son interprétation traditionnelle "^. Hincmar tira soigneusement parti de cette circonstance. Il rapporta un long extrait du De spiritu et litteray écrit en 412, où on lisait ceci : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité. Toutefois il ne leur enlève pas le libre arbitre, de sorte que chacun sera jugé selon l'usage qu'il aura fait de sa liberté. Il suit de là que les infidèles qui refusent de croire à l'Evangile, agissent contre la volonté de Dieu ^. » Hincmar cita également un pas-
\.De praedest., ch. 24, p. 210.