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Ibid,. ch. 25, p

LA CONTROVERSE PRÉDESTINATIENNE. 409

sage du De catechizandis rudibus^ écrit en l'an 400, qui reflétait les mêmes idées ' .

Mais il y avait les livres des quinze dernières années d'Augustin : il y avait VEnchiridion, le. Contra Juliannm, VOpns imperfectum^ surtout le De praedestinatione sanctorum et le De dono perscveninliae, sans parler des lettres et de divers opuscules secondaires. Comment aborder ces forteresses des prédestinatiens? Le docte controversiste ne recula pas devant cette tâche scabreuse. Il rapporta de nombreux textes tirés des livres les plus compromis et qui, habilement enchâssés, venaient, eux aussi, appuyer sa thèse. Voulant, par exemple, démontrer qu'il n'y a qu'une seule prédestination, celle qui a pour terme le ciel, il transcrivit à l'appui de sa thèse ce passage du De dono perseverantiae : « Voici deux hommes pieux. D'où vient que l'un reçoit le don de la persévérance tandis que l'autre ne le reçoit pas? C'est le secret des jugements de Dieu. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que le premier était prédestiné, tandis que l'autre /ze l'était pas -. » Hincmar souligna triomphalement les mots de la fin. « Remarquez, s'écria-t-il, que le bienheureux Augustin dit que l'un était prédestiné et que l'autre ne l'était pas. Pourquoi ne dit-il pas que l'un est prédestiné à la vie et l'autre à la mort? » L'adversaire de Gottescalc crut sans doute avoir fourni ainsi la preuve irréfutable que saint Augustin était, sans autre distinction, opposé à la double prédestination. Une tactique analogue lui servit à démontrer que l'auteur du De praedestinatione sanctorum enseignait l'universalisme de l'appel au salut ^. Il ne lui fut pas trop difficile non plus d'enlever, par les mêmes moyens, l'appui de saint Prosper aux prédestinatiens. D'ailleurs le De vocatione gentium lui rendit ce travail plus aisé encore, en lui fournissant des textes qui s'inspiraient nettement de la doctrine universaliste '•. Ce livre passait alors pour être l'œuvre de saint Prosper.

i. Voir TuRMEF, p. 252.

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