LE BAPTÊMK DE DESIR
Hugues de Saint- Victor \ Pierre Lombard- et Robert Pauhilus ^. Mais on se borna le plus souvent à apporter le témoignage de saint Ambroise. Telle fut notamment l'attitude de Roland^, de saint Bonaventure^ et de saint Thomas®.
C'est que saint Augustin ne laissait pas d'oilrir une difficulté. Sans doute, dans le De haptismo, il avait présenté « la foi et la conversion du cœur » comme un supplément du baptême ; mais plus tard il avait pu paraître réserver au martyre seul le privilège de remplacer le rite baptismal*^. De plus, Fulgence et Gennade avaient, on s'en souvient, fait eux aussi silence sur le baptême de désir. Or leurs écrits circulaient sous le nom du docteur d'IIippone et lui étaient attribués. De sorte qu'à côté d'un texte favorable, on trouvait darrs les écrits — authentiques ou supposés — du saint docteur, une demidouzaine d'assertions hostiles, dont trois étaient fournies par les Rétractations. Saint Bernard essaya de prouver que les Rétractations laissaient intacte la thèse du De baptismo et se bornaient à en corriger un détail^. Hugues de Saint-Victor ^ et, à sa suite, Pierre Lombard '^, en même temps qu'ils adoptèrent le plaidoyer de saint Bernard, le complétèrent et prirent la défense des textes supposés. Un seul endroit fut oublié, celui du De origine animae : c'était le plus embarrassant. En dépit de cette lacune ou, si l'on veut, grâce à elle, les principaux docteurs du douzième siècle crurent pouvoir patronner par le nom de saint Augustin, aussi bien que par
1. De sacram. 2. 6, 7, M. 176. 452 et 453; surtout Summa Sent. 5. 5 et 7, iM. 176. 130 à 133.