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THÉOLOGIE PATRISTIQUE ; LA CONFIRMATION

saint Grégoire, il fallait supposer une origine purement ecclésiastique à la loi qui réserve aux évêques le droit de donner la confirmation. Et, comme l'origine divine de cette loi lui semblait attestée par la décrétale du pape Eusèbe, il laissa discrètement entendre que Grégoire avait dépassé la mesure de ses pouvoirs \ Duns Scot prit la question ab o^o. Fort de l'autorité de saint Jérôme, il expliqua que la distinction de l'épiscopat et du presbytérat était d'origine ecclésiastique et que, primitivement, les prêtres étaient égaux aux évêques. Avec de telles prémisses il n'eut pas de peine à légitimer la lettre du pape saint Grégoire ^. Du reste, après s'être étendu complaisamment sur cette explication et l'avoir énergiquement défendue, il en proposa une autre, selon laquelle le souverain pontife a le droit de donner à un prêtre des pouvoirs épiscopaux, sans recourir à l'ordination épiscopale^.

Pierre Lombard enseigna que la confirmation ne devait jamais être réitérée ; mais il ne donna de son assertion aucune preuve, sinon un texte de saint Augustin qui, de son propre aveu, n'était pas ad rem^'. Saint Thomas remarqua dans Gra-

1. In Sent., 4. 7. qu.4, n. 9-21. 11 termine sa longue dissertation par ces mots : « Videtur quod proprius minister confirmationis sit episcopus praecipue per illud quod dicitur : De consecrat. canone Manus » (c'est la décrétale apocryphe du pape Eusèbe). On le voit, il n'émet pas d'affirmation catégorique, mais sa conviction intime résulte clairement de l'ensemble de sa thèse.

2. In Sent., 4. 7. qu. 1, n. 4-7 : « Alii possunt esse duo modi dicendi probabiles. Unus quod in primitiva Ecclesia non erat differentia inter sacerdotes et episcopos, quod probatur per duas auctoritates Hieronymi quae ponuntur in canone. » Et il cite les célèbres textes de saint Jérôme qu'il emprunte à Gratien : Decretum, 1. 93. 24, M. 187. 442. Il en éclaire le sens à l'aide de la Glose de Jean le Teutonique.

.3. Ibid., n. 8. Cette dernière explication est l'un des deux « modi dicendi probabiles ». Mais on sent que la théorie de saint Jérôme est sa ressource préférée.

4. Sentent., 4. 7. 2. 11 pose d'abord en principe que : « nec débet iterari, sicut nec baptismus nec ordo. » Il appuie ensuite cette assertion sur le texte suivant de saint Augustin : « Nulli enim sacramento facienda est injuria. » Il ajoute, en forme de commentaire : « Quod fieri putatur quando non iterandum iteratur. » Alors se rendant compte que la question n'a pas avancé d'un pas, il se demande : « Sed utrumaliqua velnuUa iterari possint quaestio est. Nam de baptismo et ordine, quod non debeant iterari, aperte Augustinus dicit. » Finalement il déclare : « Quod indubitanter etiam de confirmatione tenendum est. » Mais cette dernière affirmation n'est appuyée sur aucune autorité.

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