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LES EFFETS DE LA CONFIRMATION

crement est l'apanage exclusif des éveques ^ Nous retrouvons ces textes chez les docteurs de l'époque suivante, notamment chez saint Thomas -. Mais alors l'attention fut attirée sur la question du ministre par un texte de saint Grégoire, que ni Hugues ni Pierre Lombard n'avaient rapporté, et qu'on avait fini néanmoins par découvrir dans le Décret de Gratien^. Dans ce texte, le grand pape autorisait les simples prêtres à faire, en l'absence de l'évéque, Fonction du chrême sur le front des nouveaux baptisés ''. Que devenaient, devant cette décision, les décrétales de Melchiade et d'Eusèbe ? Tel fut le problème qui se dressa devant les scolastiques. Saint Thomas lui trouva une solution très simple. Appuyé sur l'autorité du pape Eusèbe, il posa en principe que les éveques avaient seuls le droit de donner la confirmation. Mais il ajouta que le souverain pontife possédait, parmi ses pouvoirs, celui de confier à des prêtres certaines fonctions épiscopales, comme l'administration du sacrement de confirmation ^.

Toutefois le docteur angélique négligea d'expliquer comment les pouvoirs du pape l'autorisaient à confier à un simple prêtre des attributions épiscopales. Durand et Duns Scot examinèrent de près cette question, chacun dans un esprit différent. Le docteur de Saint-Pourçain, partant de ce principe que les pouvoirs du pape, si étendus qu'ils soient, ne peuvent rien contre le droit divin, conclut que, pour justifier l'acte de

1. Hugues, Summa Sent., 6. 1; Pierre Lombard, Sejit., 4. 7, 2.

2. Saint Thomas, Summa, 3. 72. 1 : « Utrum confirmatio sit sacramentum?... Scd contra est quod Melctiiades papa scribit... » art. 7 : « Utrum per sacramentum confirmationis conferaturgratia gratum faciens... Sed contra est quod Melchiades papadicit... »

3. Decretum, 1. 95. 1, M. 187. 447. — Roland (p. 214) signale le canon d'un concile de Tolède qui autorise le prêtre à faire l'onction en l'absence de l'évéque. Il ajoute que ce canon est abrogé. 11 l'emprunte à Gralien 1. 95. 11. M. 187.452.

4. Ce texte est tiré de la Lellre à Janvier (Ep. 3. 26, M. 77. 696). Le pape avait, par une lettre antérieure [Ep. 9, p. 677) réservé à l'évéque l'onction du front, et permis aux prêtres la seule onction « in pectore ». Celte décision ayant provoqué des murmures, Grégoire la retira en ces termes : « Ubi episcopi desunt, ut presbyteri ctiam in frontibus baptizatos chrismate tangere debeant concodimus. » Un mot dans ce texte — à savoir : baptizatos — a donné lieu, depuis le seizième siècle, à des discussions. Je me borne ici à rapporter ce qu'ont lu les scolastiques.

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