CHAPITRE IX
L'EUCHARISTIE
I. La controverse eucharistique du neuvième au douzième siècle.
Quand il écrivit le De corpore et sanguine Domini^ Paschase Radbert appuya tout d'abord sa thèse relative à l'identité du corps eucharistique et du corps historique du Sauveur sur l'autorité de saint Ambroise. Sans s'astreindre à. une citation textuelle, il résuma l'endroit du De mysteriis où l'évêque de Milan avait dit : « Ce corps que nous formons a été tiré d'une vierge... C'est la vraie chair du Christ qui fut crucifiée et ensevelie ^ . » Il fît ensuite appel aux. miracles accomplis par la sainte eucharistie. Il emprunta au pape saint Grégoire l'histoire de l'évêque Cassius, qui avait la pieuse pratique de célébrer chaque jour le saint sacrifice, et qui en fut récompensé par une révélation divine; il emprunta aussi l'histoire d'un captif dont chaque semaine, les liens se brisaient, parce que sa femme, chaque semaine, faisait offrir des hosties à son intention^. Au diacre Paul, biographe de saint Grégoire, il demanda le récit des empreintes de sang que ce pape fît apparaître sur l'eucharistie, pour convaincre une femme qui ne voulait pas croire à la présence réelle ^. Pseudo-Amphiloque lui fournit le prodige dont fut favorisé un juif, qui déclara avoir vu saint Basile, au moment oii il donnait la communion, tenir un enfant