LE SACRIFICE DE LA MESSE
sacramentis : « Ce pain vous est offert tous les jours. Recevezle chaque jour, pour que chaque jour il vous profite... mais vivez de manière à vous rendre digne de le recevoir \ » Toutes ces références 2, sauf celles qui provenaient des Pères grecs, furent puisées dans la compilation de Gratien.
La question du ministre de l'eucharistie fut négligée par les théologiens du douzième siècle. Quand les docteurs des deux siècles suivants voulurent la trancher, ils ne trouvèrent qu'un petit nombre de témoignages d'origine récente. Saint Thomas prouva, par un texte d'Isidore de Séville, que le prêtre seul a le pouvoir de consacrer, et, par une décision d'un concile de Reims, que les laïques ne doivent jamais être chargés de porter le viatique aux malades ^. Un extrait de Pascliase Radbert — mis, il est vrai, sous le nom de saint Augustin — lui permit d'afiirmer que les prêtres indignes restaient investis du pouvoir de produire la présence réelle dans le pain eucharistique ^, Duns Scot ^ et Durand ^ n'apportèrent ici que des autorités ou plus tardives ou de moindre portée.
Passons maintenant au problème du sacrifice de la messe. Assez souvent omis, ce dogme, quand on le mentionna, ne fut l'objet que d'une attention distraite. Pierre Lombard l'appuya sur trois textes qu'il emprunta à Gratien, et qui provenaient de saint Augustin, de Lanfranc et de l'Ambrosiastre "^ . Saint Thomas négligea l'extrait de saint iVugustinquî, de fait, ne prouvait rien ; mais il cita l'Ambrosiastre et surtout Lanfranc dont il mit le texte à la place d'honneur, en l'attribuant au grand docteur d'IIippone ^. L'Ambrosiastre se bornait à dire que le Christ