Voir plus haut, p
6. In Sent., 4. 11, qu. 3, n. 13 : « Respondeo quod communiter tenetur quod nec panis raanet, contra primam opinionem, nec annihilatur vel resolvitur in materiam primam, contra secundam opinionem, sed convertitur in corpus Christi. Et ad hoc multum expresse videtur loqui Ambrosius cujusduae auctoritates supra adductae sunt. » 11 ajoute : « Principaliter autem videtur movore quod de sacramentis tenendum est sicut tenet sancta romana Ecclesia... nunc autem ipsa tenet panem transsubstantiari in corpus... » Et il se réfère au décret Firmiter du quatrième concile de Latran (voir Denzinger, Enchiridion symbolorum... n. 357). — On retrouve la même ligne de conduite dans Durand {In Sent., 4. 11, qu. 1, n. 9) : « Patet auctoritatibus sanctorum et ex determinatione Ecclesiae. » Puis il cite les textes du De sacramentis (sous le nom d'Ambroise), de Lanfranc (sous le nom d'Augustin) de Fauste (sous le nom d'Eusèbe d'Emèse). Enfui il fait appel au ilécret Firmiter. Il regarde la transsubstantiation comme un dogme de foi. Duns Scot est sans doute du même avis puisqu'il dit qu'on doit suivre l'Église romaine qui enseigne la transsubstantiation. On a donc lieu de s'étonner qu'il dise en parlant d'elle : communiter tenetur.
7. Summa, 3. 75. 2. Il cite au Sed contra le De sacramentis, mais peu exactement.
446 THÉOLOGIE patristique; l'eucharistie.
Pierre Lombard et saint Thomas expliquèrent par divers témoignages la notion que les Pères se faisaient du but et des effets de l'eucharistie. Le Maître des Sentences cita un passage du De sacramentis, où on lisait que « le sang du Christ est répandu pour la rémission des péchés » ; et cet autre, dont il attribua la paternité à saint Augustin : « Cette offrande est réitérée chaque jour, parce que chaque jour nous péchons... Le Christ s'immole mystiquement tous les jours pour nous qui tombons tous les jours. Il nous a donné ce sacrement de salut... pour que nous obtenions la rémission de nos péchés ^ . » Malheureusement ce texte était sorti de la plume, non de saint Augustin, mais de Paschase Radbert. Quant à saint Thomas, il apporta un texte de saint Cyrille qui montrait le Verbe s'unissant à notre chair pour la vivifier, au moyen du pain et du vin 2; un autre d'Innocent III, d'après lequel V eucharistie efface les péchés véniels et préserve des mortels ^ ; un troisième du De sacramentis, qui présentait le pain eucharistique comme un remède quotidien offert à des infirmités quotidiennes ^; un quatrième de saint Jean Chrysostome, qui déclarait que les chrétiens, au sortir du banquet eucharistique, étaient « terribles au démon comme des lions ^ » ; et quelques autres de moindre importance. A la question des effets produits dans l'âme par r eucharistie, se rattachait celle de la fréquence de la communion. Pierre Lombard la trancha par ce texte de Gennade (qu'il attribua à saint Augustin) : « Je n'approuve ni ne blâme la réception quotidienne de l'eucharistie, mais j'engage à faire la communion chaque dimanche » ; et par une décrétale apocryphe, dans laquelle le pape saint Fabien était censé prescrire la communion trois fois par an, sous peine d'excommunication ^. Saint Thomas apporta les mêmes textes ; mais il leur associa l'extrait suivant d'un sermon qu'il cita sous le nom de saint Augustin et qui, en réalité, avait été composé à l'aide du De
Sentent. 4,
dist.
Summa, 3.
Summa, 3.
Ibid.
Summa, 3.
Sentent., 4
. dist.