‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 509 sur 547 · II. Le pouvoir des clefs · texte numérisé non relu

II. Le pouvoir des clefs

Abélard essaya d'appuyer sa thèse destructive du pouvoir des clefs sur l'autorité de saint Jérôme, d'Origène et du pape saint Grégoire. L'illustre solitaire de Bethléem avait donné du texte : Quodcunique ligaveris le commentaire suivant : « Les évèques et les prêtres se sont emparés de ces paroles sans les comprendre, et, pleins d'un orgueil pharisaïque, ils se croient le droit de condamner des innocents ou d'absoudre des coupables... Nous lisons dans le Lévitique que les lépreux devaient se montrer aux prêtres... non que les prêtres eussent le pouvoir de donner ou de guérir la lèpre, mais parce qu'ils savaient discerner ceux qui étaient purs de ceux qui étaient impurs. Le rôle des prêtres juifs à l'égard des lépreux est exactem'ent celui des évêques et des prêtres à l'égard des pécheurs. » Le même texte évangélique avait fourni à Origène des observations analogues. Quant à saint Grégoire, il avait déclaré que les évêques et les prêtres devaient modeler leur sentence sur celle de Dieu sous peine de nullité. Pour éclairer sa pensée, il avait apporté l'exemple de la résurrection de Lazare, où les apôtres avaient attendu, pour intervenir, que le Sauveur eût ressuscité son ami. Abélard cita dans son Ethique les réflexions qu'on vient de lire-. Et il en conclut que les évêques et les prêtres n'avaient pas hérité des prérogatives renfermées dans les pa-

1. Duns Scot {în Sent. 1. 17. 3) emprunte à Pierre Lombard (4. 17. 1) le texte du De paradiso de saint Ambroise, celui du sermon 392 de saint Augustin et un texte tiré de la Glose {hi ps. 68). — Alexandre {Summa (hco/orjiae, 4. 18, membr. 2, art. 1, cite le De paradiso et un autre texte attribué à saint Ambroise mais apocryphe. Il tient ces deux attestations de Pierre Lombard.

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