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EST-IL UN SACREMENT PRODUCTIF DE LA GRACE

plus profond que ne Tavait remarqué Albert lui-même. Sans doute les théologiens récents voyaient communément dans le mariage un sacrement conférant la grâce. Mais les canonistes enseignaient le contraire, et le Maître des Sentences , Pierre Lombard, était du même sentiment que les canonistes ^ Après avoir cité les textes, Durand fit observer que les papes et les cardinaux n'avaient jamais condamné les juristes, qui pourtant professaient sous leurs yeux, et dont ils ne pouvaient par conséquent ignorer la doctrine. Il conclut que l'Eglise n'avait pas tranché la question, et qu'on était libre de ne voir dans le mariage qu'un sacrement « équivoque aux autres », symbolisant lunion du Christ avec son Eglise, mais ne donnant pas la grâce.

1. In Sent., ii. G : « Quantum ad primum aliter opinantur juristae et aliter theologi. Juristae enim ... tenent quod in sacramento matrimonii non conlertur gratia. » Ici Durand note que quelques canonistes furent cardinaux. Il donne ensuite les textes de trois d'entre eux ainsi que les considérations sur iosquellos ils s'appuient. 11 conclut ensuite (n. 8) : « Quorum opinio an sit vera an l'alsa... non determino quoad praesens, sed solum hoc accipio tanquam verum quod quum praedicti doctores noverint jura canonica et eorum scripta et dicta habeantur a papa et cardinalibus... nec scripta eorum quoad praedictum articulum de matrimonio reprobontur... sentire quod per sacramentuiii matrimonii non conferatur gratia non est contra determinationem Ecclesiae. » Il ajoute que Pierre Lombard est de ce sentiment et il se réfère à : Sent. 4. 2. 1, où on lit que, parmi les sacrements : « aliaremedium contra peccatum praebent et gratiam adjutricem conferunt ut baptismus; alia in remedium tantum sunt, ut conjugium; alia gratia et virtute nos fulciunt ut eucharistia et ordo. », Il termine en constatant que : « Moderni autem theologi quasi communiter >» attribuent au mariage la collation de la grâce.

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