SAINT ALEXANDRE
qui osent enseigner que le Verbe n'a pas toujours existé? Quand on lit dans rÉvangile que le Verbe est : Le Fils unique, et que : Tout a été fait par lui, comment ne pas s'indigner contre ceux qui le rabaissent au rang des créatures? Comme sil pouvait faire partie des choses dont il est lui-même l'auteur! Ou comme si un être créé comme tous les autres pouvait prétendre au titre de Fils unique ! Comment a-t-il pu sortir du néant celui dont le Père a dit : Mon cœur a émis un Verbe bon; et : Je t'ai engendré de mon sein avant l'aurore? Comment n'aurait-il pas une substance semblable au Père, celui qui est l'image parfaite, la splendeur du Père, et qui a dit : Quiconque m'a vu a vu mon Père?... Comment peut-il être sujet au changement celui qui a dit : Je suis dans mon Père et mon Père est en moi; et : Mon Père et moi nous ne sommes qu'un; celui dont le prophète dit : Voyez, je suis et je ne change pas... celui enfin dont l'Apôtre a dit : Jésus- Christ était hier, il est aujourd'hui, il sera dans tous les siècles? Comment peut-on dire qu'il a été fait pour nous celui dont saint Paul a dit : Tout a été fait pour lui et tout a été fait par lui? » — C'est l'évêque d'Alexandrie, saint Alexandre, qui a recueilli ces textes scripturaires, dès l'an 322, dans sa Lettre encyclique aux évêques du monde chrétien ^ . Et, dans la lettre que le même évêque adressa à ses collègues de la Thrace ^, nous retrouvons les mêmes autorités auxquelles sont adjointes deux ou trois autres attestations tirées des Proverbes et de saint Paul.
Quelques années plus tard saint Athanase écrivit les Discours contre les Ariens et les Lettres à Sérapion. Presque chaque ligne de ces dissertations oppose un témoignage scripturaire aux adversaires de la divinité du Christ. Mais il se trouve que tous ces témoignages, à part d'infimes exceptions, avaient déjà été invoqués par Alexandre. Et ces exceptions sont, en effet, bien infimes puisqu'elles se laissent ramener à trois. L'auteur de la Lettre encyclique ne cite ni l'endroit