Epist. 2. 4, M. 18. 57G
2. Ep. 1. 4 à 13, p. 553 et suiv. Aux n. 7 et 8 il ajoute les textes : « J'étais avec lui organisant tout; Dieu n'a pas épargné son propre Fils (Prov. 8. 30; Rom. 8. 32).
30 THÉOLOGIE scripturaire; la controverse arienne.
de la lettre aux Philippiens où le Christ est dit avoir existé <( dans la forme de Dieu » ; ni l'endroit de la lettre aux Romains où il est appelé « Dieu sur toutes choses béni éternellement » ; ni les paroles du Sauveur à ses apôtres : « Allez baptiser les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». L'auteur des Discours contre les Ariens et des Lettres à Sérapion utilise parfois ces textes \ Voilà, si Ton néglige certaines citations accessoires jetées çà et là d'une main distraite 2, voilà, dis-je, tout ce que saint Athanase a ajouté à la démonstration scripturaire de son prédécesseur. En somme, l'illustre champion de la foi de' Nicée n'a pas eu à cœur d'étendre sa ligne d'attaque. Il s'est plutôt préoccupé de la resserrer, car en parcourant ses écrits, on remarque sans peine trois textes qui reviennent plus fréquemment sous sa plume, et auxquels il accorde une confiance particulièrp. Ce sont les textes suivants empruntés à l'évangile de saint Jean : « Mon Père et moi nous ne sommes qu'un. — Je suis dans mon Père et mon Père est en moi. — Celui qui m'a vu a vu mon Père ^ «.
Toutefois il dut empêcher l'ennemi de le battre avec ses propres armes. Les ariens, en effet, ne tardèrent pas à répondre que le Sauveur avait dit à son Père, en lui recommandant ses apôtres : « Qu'ils soient un comme nous... qu'ils soient un comme toi, Père, tu es en moi et comme je suis en toi... qu'ils soient un comme nous sommes un. » Ils conclurent que ces
1. Le texte : Matlli. 28. 19 est cité : Ad Serap. 2. 6, p. 617. On le retrouve : Ibid. 1. 6 et 11, p. 544 et 560, mais dans une dissertation sur le Saint-Esprit. — Le texte : Philipp. 2. 6, paraît dans : Orat. 3. 59, p. 448; Ibid. 2. 53, p. 260; Ibid. 1. 44, p. 101. — Le texte : Rom. 9. 5 est utilisé dans : Orat. 1. 11, p. 33; Ibid. 1. 24, p. 67 ; Ad Serap. 2. 2, p. 609.
2. Par ex. le texte : Faciamus hominem {Orat. 2, 31 et 58, p. 212); le texte : Dominus pluit... à Domino {Or. 2. 13, p. 173).
3. Dans : Ad Afros, M. 26, il cite quatre fois (n. 6 à 9, p. 1040 à 1043) le texte : Mon Père et moi nous ne sommes qu'un; deux fois {ibid.) : Celui qui me voit voit mon Père. Ces textes reparaissent dans : Ad Serap. 2. 9, p. 624; ici le texte : Je suis dans mon Père... leur est adjoint. Voir aussi : Orat. 3, 16, p. 358; Orat. 1, 34 et 61, p. 81 et 140; Orat. 2, 54, p. 261; Ib. 2. 33, p. 218, etc.; Harnack, Dogmengesch.^, 2. 209, dit à la suite de Bôhringer, que saint Athanase accorde une importance spéciale à Matth. 28. 19. Il se trompe. Le texte en question ne revient sous la plume d' Athanase que dans les endroits mentionnés plus haut. On le retrouve dans : Orat. 4, 32, M. 26. 517, qui très probablement n'est pas l'œuvre du grand évêque d'Alexandrie.
SAIXT ATHANASE. 31
paroles devaient servir à interpréter le texte : « Mon Père et moi nous sommes un », et que Noire-Seigneur, dans cet endroit, avait entendu simplement proclamer la conformité parfaite de ses sentiments avec la volonté de Dieu ^ . Athanase répliqua que les comparaisons et les rapprochements demandaient à ne pas être trop pressés, et que le Fils de Dieu, en proposant son union avec le Père comme Tidéal de l'union qui doit régner entre nous, n'avait pas voulu établir une assimilation complète entre ces deux unions ^.
Faisant allusion aux autorités scripturaires dont l'école d'Arius se faisait un rempart, saint Alexandre lui reprocha d'appliquer à la divinité du Sauveur les expressions bibliques qui ont trait à l'incarnation du Fils de Dieu^. Par là il indiquait la marche à suivre pour résoudre les objections des ariens. Restait à réaliser ce programme. Ce fut l'œuvre de saint Athanase. Prenant un à un les textes allégués par les adversaires de la divinité du Christ, il les expliqua selon la règle qu'on vient de lire. Il montra que le Fils, en prenant un corps humain, avait pris en même temps, les imperfections inhérentes à la condition humaine, et que les sentiments de crainte, de tristesse, d'abattement, auxquels il fut soumis, avaient été éprouvés, non par le Verbe lui-même, mais par le corps dont il s'était revêtu ''. Il montra également que les expressions : « Dieu l'a exalté... ton Dieu t'a oint d'une huile de joie », s'appliquaient, elles aussi, à l'humanité du Verbe incarné et non au Verbe lui-même. «■ Ce n'est pas delà nature du Verbe que parle saint Paul, dit-il, quand il déclare qu'elle a été exaltée ; cette nature a toujours existé et elle a toujours été égale à Dieu : c'est la nature humaine que l'Apôtre a en vue^ ». Toutefois le saint docteur n'étendit pas cette interprétation au texte : « Mon Père est plus grand que moi » ; il reconnut que le Fils, considéré dans sa nature divine, recevant sa génération du Père,