Homil. 17. 6, M
SAINT ATHAXASE. 41
j'ai fondé le coïiseil c'est par moi que les rois régnent». Dès
lors, n'était-ce pas faire œuvre de caprice et d'arbitraire, que de donner un instant la parole à la nature humaine du Sauveur pour la lui retirer un instant après ? La logique ne demandait-elle pas, au contraire, de mettre le discours tout entier dans la bouche de la Sagesse, ou, si l'on veut, du Logos? De plus, en même temps qu'il recourait au contexte, Eusèbe eut recours aux manuscrits. Il fît observer que le verbe hébreu, dans lequel les Septante avaient si malencontreusement logé l'idée de création, désignait simplement la possession. Et il appuya son assertion sur l'autorité d'Aquila, de Symmaque et de Théodotion qui, tous trois, avaient substitué le verbe Ixr/îaaTo au verbe exTiffe employé par les Septante. Il conclut que l'on devait lire : Le Seigneur m'a possédé, et que ces paroles devaient être attribuées au Logos*. La traduction d'Eusèbe se réclamait du texte hébreu et fermait la bouche aux ariens. Ces deux qualités lui valurent de précieuses sympathies. Saint Basile ^, saint Epiphane ^ et saint Grégoire de Nysse ^ l'adoptèrent. Quelques années plus tard, saint Jérôme ne craignit pas de l'utiliser et de corriger la leçon de l'Italique : Dominus condidit me ^, par la leçon actuelle de la Vulgate : Dominus possedit me. Ce dernier fait semblait devoir porter un coup mortel, au moins en Occident, à l'interpréta-