Dial. 1, xM
60 THÉOLOGIE scripturaire; la christologie.
des formes diverses, reparaissent fréquemment dans ses écrits : « L'Écriture inspirée attribue indistinctement au Sauveur ce qui est du ressort de la divinité et ce qui est du ressort de l'humanité : c'est ce qui prouve l'unité ^ ; — Nous devons attribuer toutes les expressions de l'Ecriture à la même personne, à l'hypostase unique du Verbe incarné, car le Seigneur Jésus-Christ est un, selon les Écritures ^. » Mais ici encore la voie était depuis longtemps frayée. Les docteurs qui, à la fin du quatrième siècle, s'étaient opposés à Apollinaire, avaient montré que l'on pouvait attribuer une âme raisonnable au Christ sans briser son unité. Cyrille n'a eu qu'à retrouver dans les textes de l'Ecriture la preuve des assertions émises par ses aînés.
Il nous reste à parler de la controverse monothélite. Ici les déductions rationnelles et les investigations patristiques eurent, pendant longtemps, un rôle prédominant ou même exclusif. Le patriarche Sophronius, l'abbé Maxime, le concile de Rome de 649, le pape Martin ^, établirent que le dogme des deux natures conduisait nécessairement à distinguer dans le Christ deux volontés, et ils confirmèrent parfois cette assertion par des témoignages patristiques ; mais ils n'allèrent pas plus loin. Et, si le pape Honorius fit appel à l'Écriture, ce fut pour déclarer que, malgré deux textes d'apparence contraire, il n'y avait pas, en Notre-Seigneur, diversité de volontés ^. La lettre d'Agathon transporta la question sur le terrain biblique. Le pape prouva, par les textes évangéliques, que le Sauveur possédait une volonté humaine, et que cette volonté s'était manifestée en diverses circonstances. « C'est comme homme.