‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 86 sur 547 · SAINT LÉON · texte numérisé non relu

SAINT LÉON

cipes de la philosophie, il conclut que le Christ a possédé deux natures : l'une divine, Fautre humaine, et que ces deux natures sont demeurées distinctes bien qu'inséparables. S'il cite des textes bibliques, ce n'est pas pour éclairer sa thèse, mais pour les éclairer eux-mêmes, pour les interpréter à la lumière des notions rationnelles, et nous mettre ainsi en garde contre l'écueil monophysite. Et il n'est pas seul à suivre cette ligne de conduite. Dans les Dialogues, Théodoret ne cite guère que la célèbre phrase de saint Jean : Le Verbe s* est fait chair; et il la cite pour nous expliquer qu'on ne doit pas traduire, comme le faisaient les monophysites, qui cherchaient dans ce texte un appui : Le Verbe s'est transformé en chair, mais : Le Verbe a pris une chair ^. En réalité, il ne s'appuie que sur la Tradition et sur la raison. Il démontre — on le verra plus loin — que les Pères ont distingué deux natures dans le Sauveur; il démontre également que cette distinction est exigée par les principes fondamentaux de la raison; il s'en tient là. Malgré les apparences opposées, la controverse monophysite n'a apporté aucune contribution à la théologie scripturaire. Tout au plus doit-on dire quelle a enlevé aux adversaires des deux natures l'appui du texte : Le Verbe s'est fait chair; mais ce travail, on s'en souvient, avait déjà été fait par saint Athanase au cours des querelles apparentées à l'apollinarisme.

La controverse nestorienne a donné à l'Ecriture une place plus considérable. Ici se présentent à nous des textes bibliques nombreux, et ces textes sont apportés pour résoudre un problème, pour éclairer une question. Toutefois il ne faut pas oublier que nous avons déjà rencontré les plus importants d'entre eux dans la controverse adoptianiste. Saint Cyrille a donc utilisé, en la complétant, une démonstration déjà faite. Il est vrai que le saint docteur ne s'est pas contenté d'opposer à Nestorius les formules de TEcriture. Ces formules, il les a commentées; il a montré comment chacune d'elles impliquait la doctrine de l'union hypostatique (qu'il aimait à appeler physique). De là les maximes suivantes qui, sous

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