Cor
s'était chargé de la malédiction qui pesait sur nous, s'autorisa de ce texte du Deutèronome : « Maudit soit celui qui est pendu au bois ^ ». Et nous lisons dans VEpître aux Hébreux que la crucifixion du Christ a été désignée d'avance dans ces deux endroits des psaumes : « Tu es prêtre selon l'ordre de Melchisédech; — Tu n'as voulu ni sacrifices ni offrandes, mais tu m'as formé un corps ; tu n'as agréé ni les holocaustes ni les sacrifices pour le péché; alors j'ai dit : voici, je viens... je viens pour faire ta volonté ^ ». Ces trois nouvelles références s'ajoutèrent à celle qu'avait fournie Isaïe, et complétèrent la preuve scripturaire de la rédemption telle qu'on la trouve dans le Nouveau Testament. Les yeux fixés sur les textes d'Isaïe et du Deutèronome, saint Paul écrivit : « Un seul est mort pour tous ^ ; — Dieu a réconcilié dans le Christ le monde avec luimême, en n'imputant point aux hommes leurs offenses. — Celui qui n'a point péché, il l'a fait péché pour nous'*. Nousavons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils... Dieu a destiné le Christ Jésus à être une victime propitiatoire^... » Quant aux deux textes des psaumes qu'on vient de lire, ils servirent à prouver que le Christ a été le véritable prêtre, et que sa mort a été un sacrifice offert à Dieu.
Quelques-unes des formules qui précèdent reparaissent dans les écrits de saint Clément, de saint Ignace, de saint Polycarpe et de l'église de Smyrne ^ ; mais elles ne sont l'objet d'aucune référence. Les apologistes, ou bien ne s'occupent que de la révélation doctrinale apportée par le Logos, ou du moins ils ne mentionnent qu'en passant ses souffrances et sa mort. Pour la première fois, depuis VÉpître aux Hébreux, saint Irénée donne une place à la théologie scripturaire de la rédemption. Place peu considérable, hâtons-nous de le dire. Quand le saint évêque de Lyon expose la mission du Christ, il a souvent en