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3. On sait qu'un certain nombre de Pères grecs et latins ont, au moins en apparence, enseigné la théorie du rachat au diable. Sans chercher ici dans quelle mesure cette interprétation des textes patristiques est fondée, disons simplement que, le plus souvent, la théologie scripturaire est complètement absente de ces textes. C'est le cas notamment pour saint Grégoire de Nysse qui, dans sa Catéchèse, 33 et 31, s'étend longuement sur le pacte dans lequel le diable fut dupé, sans mentionner une seule fois l'Écriture. Cependant Origène {In Math., 16. 8) explique que, dans le texte de saint Pierre (I. Ep. i. 19) « Vous avez été achetés un grand prix », le prix en question a été payé au diable. Saint Augustin {De Trinit. 13. 15) enseigne que le texte de saint Paul : Reconciliaii suinus Deo per morlem ejus, ne doit pas être pris à la lettre, attendu que le Père n'aurait pas livré son Fils pour notre salut, s'il n'avait été d'avance reconcilié avec nous. 11 ajoute {ibicl., n. 19) en s'appuyant sur Col. 1, 431, que Dieu nous a arrachés au pouvoir des ténèbres en nous rachetant au moyen de son Fils ; ce qu'il explique ainsi : « In hac redemptione tanquam pretium pro nobis datus est sanguis Christi, quo accepta diabolus non dilatus est. » Le pape saint Léon (Serm. 69. 4) déclare que le diable s'est trompé en faisant mourir le Sauveur; et il appuie son assertion sur Cor. 2. 8, : Si enim cogtiovissent, nunquam Dominum majestatis crucifixissent. Le pape saint Grégoire (Moral., 33, 14) part du texte de Job : quasi hamo capiet eum, pour expliquer que le diable, en mordant sur l'appât de l'humanité du Sauveur, a été pris à l'hameçon de sa divinité.