RUE DE SEINE
V ^'^a <■ / *' '^-' H< ci<A
Monsieur (ieoroes RENARD
Professeur au Conservatoire des Arts et Métiers
Hommage de respectueuse gratitude,
« La tolérance, disait T Encyclopédie *, est en général la vertu de tout être faible destiné à vivre avec des êtres qui lui ressemblent. » Et Voltaire, en une éloquente paraphrase de ce texte, s'écriait : « Qu'est-ce que la tolérance ? C'est l'apanage de l'humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesse et d'erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c'est la première loi de la nature *. » Quelle que soit la signification profonde de cette formule, elle est pour nous trop générale et trop imprécise,car elle ne restreindrait pas suffisamment le domaine de nos investigations. D'ailleurs, Romilli le jeune, l'auteur assez obscur de cet article de l'Encyclopédie sur la tolérance, avait lui-même compris les inconvénients que présentait sa définition,car il s'empres* sait d'ajouter : « On peut compter sans doute plusieurs sources de nos discordes. Nous ne sommes que trop féconds on ce genre. Mais, comme c'est surtout en matière de sentiment et de religion que les préjugés destructeurs triomphent avec le plus d'empire, et des droits plus spécieux, c'est aussi à les combattre que cet article est destiné . » A la suite de l'encyclopédiste, par ce mot de tolérance, nous entendrons simplement le respect de la liberté de conscience ou, si l'on préfère, de la liberté de croyance ; en un mot, notre intention est de restreindre notre sujet à la tolérance religieuse. D'ailleurs, ainsi compris, le problème n'en reste
1. Dictionnaire encyclopédique^ Xeucliâtol. 1705, toir.e xvi, art. Tolérance, p. 390-95.
2. Voltaire, Dictionnaire philosjpki que, article Tolérance, î 2.